Lesinégalités: Les inégalités entre les individus qui les compare peuvent dans certains cas détruire le socle de valeurs et de présentations du même coup, les fondements de cohésion. Le Plan Borloo: Le plan Borlo favorise la cohésion sociale car il consiste de vivre ensemble, vivre pour une réconciliation nationale entre les banlieues et centre villes
Partie3 Les politiques sociales. Chapitre 2. La lutte contre les inégalités et les théories de la justice sociale. Introduction . Document 1 : les inégalités sociales ne
Transcription. L`Orient-Le Jour | Comment les inégalités sociales et
Ledernier rapport de la Drees sur la santé des Français, publié jeudi, dépeint un état de santé "globalement bon". Mais selon le niveau social, les inégalités restent fortes.
Ellecontribue fortement à la cohésion sociale car les inégalités nourrissent la haine et le ressentiment entre les classes sociales notamment. Elles contribuent à un fort entre-soi au sein de ces classes et morcelle la nation.
Lesinégalités sociales de santé (ISS) désignent les différences d'état de santé entre des groupes sociaux. C'est la distribution inéquitable et injuste des déterminants sociaux de santé (logement, éducation, emploi) qui est à l'origine de ces inégalités de santé. Se mobiliser sur ce thème est une question de justice sociale. Cette formation vise à soutenir les intervenant
Ayobi. 1 Une première version de ce texte a été présentée pendant l’Université d’été Penser les inégalités... 1Pour penser les inégalités » 1, il faut tenir compte de leur dimension spatiale. Selon Henri Lefebvre 1968, la ville est la projection au sol des rapports sociaux » ; les inégalités sociales ont nécessairement une traduction spatiale. Mais la notion mathématique de projection a un caractère mécanique et simplificateur la représentation sur un plan d’un objet dans l’espace simplifie ou réduit l’objet et elle dépend des positions respectives de l’objet projeté et du plan. Dans la métaphore de la projection au sol des rapports sociaux, le spatial prime sur le social, mais leur relation est dialectique, avec des effets en retour Blanc, 2007. 2La mixité sociale est une politique consensuelle qui vise à réduire les inégalités sociales en intervenant sur l’espace. Ce texte a deux objectifs en s’inspirant de Georg Simmel, montrer comment la mixité sociale est prise dans des contradictions et produit des effets pervers. Ensuite, esquisser comment le paradigme de la transaction sociale permet une conceptualisation plus satisfaisante de la mixité sociale et ouvre des pistes pour le dépassement de ses contradictions internes. La mixité sociale au cœur du conflit entre la liberté et l’égalité 3En France, une représentation sociale communément admise voudrait que la cohésion de la société soit un objectif majeur une société sans cohésion et sans solidarité est une société qui se délite et qui risque de disparaître. Pour cela, il faudrait que l’État lutte contre les tendances à la séparation, en premier lieu contre la ségrégation. L’enjeu de cette lutte serait une société mixte », dans laquelle les individus seraient égaux et libres de se déplacer en tout lieu. Cette représentation est contradictoire avec une seconde, communément admise elle aussi, qui dénonce les méfaits de l’État-Providence la sécurité sociale et l’ensemble de la protection sociale auraient des effets pervers ; les individus deviendraient des assistés sociaux » et ils attendraient tout de l’État, au lieu de chercher à se sortir d’affaire par eux-mêmes. On voit bien aujourd’hui comment, malgré les efforts du président Barack Obama, les USA sont englués dans une défense obsessionnelle de la liberté contre le trop d’État » et contre l’égalitarisme », dénoncé comme la non reconnaissance des mérites individuels. Ces deux représentations s’opposent, même si elles peuvent être présentes dans le même discours. La première donne la priorité à une valeur fondamentale, l’égalité ; la seconde met en avant une valeur tout aussi fondamentale, la liberté. La liberté inclut notamment la possibilité de vivre entouré de ses proches. Le débat sur la mixité prend sens dans le cadre de ce conflit de valeurs. Alexis de Tocqueville [1993 [1835], puis Georg Simmel, ont montré que le conflit entre l’égalité et la liberté est un conflit irréductible L’antinomie profonde entre la liberté et l’égalité […] ne peut se résoudre que […] dans la négativité de l’absence de possession et de l’absence de puissance […]. Ce fut peut-être parce qu’instinctivement on a saisi la difficulté de cet état de choses qu’on a joint à la liberté et à l’égalité une troisième exigence, celle de la fraternité » Simmel, [1907] 1981, pp. 144-145. 4Il faut d’abord lever les ambiguïtés et clarifier les notions de ségrégation et de mixité, en distinguant leur dimension spatiale et leur dimension sociale, ainsi que leur caractère imposé ou voulu. Il sera alors possible d’analyser les formes prises par la mixité et la ségrégation dans les registres fondamentaux de l’anthropologie et de la sociologie le sexe, l’âge, l’ethnicité et la classe sociale. Ces relations sont faites à la fois d’opposition irréductible et de complémentarité, ce qui explique de multiples traductions spatiales. Le couple de la mixité et de la ségrégation 5Mixité et ségrégation sont deux pôles opposés, mais de quoi ? Analytiquement, il faut dissocier la dimension sociale et la dimension spatiale des processus de ségrégation et de mixité ces deux dimensions se recouvrent, mais en partie seulement. Contrairement au présupposé implicite de la mixité sociale, le rapprochement physique ou spatial n’implique pas automatiquement un développement des échanges sociaux. Dans La Société de Cour, Norbert Elias 2008 [1939] notait que les domestiques au service du Roi sont très proches de lui physiquement, mais très éloignés socialement. S’il y a un certain côtoiement des classes sociales à la Cour, ce n’est ni de la cohabitation, ni de la mixité sociale. La dimension spatiale ne se limite pas à la dimension résidentielle, mais cette dernière occupe une place importante. Les conflits entre bons » et mauvais » voisins sont fréquents et ils invitent à marquer la distance plutôt qu’à rechercher le rapprochement. C’est pourquoi la fameuse opposition proximité spatiale et distance sociale » a connu un grand succès. Elle ne se limite pas aux grands ensembles dans lesquels elle a été observée en premier Chamborédon & Lemaire, 1970. 6La cohabitation forcée de groupes qui ne la souhaitent pas conduit habituellement à l’évitement et à l’exacerbation des conflits de voisinage. Ceci introduit une seconde distinction analytique, selon le caractère imposé ou choisi de la ségrégation et de la mixité. La ségrégation a une connotation très négative car elle est spontanément perçue comme imposée à ceux qui la subissent. Elle peut être inscrite dans la loi qui réserve un espace, le ghetto, à l’usage exclusif d’un groupe ethnique et/ou religieux. Elle est plus souvent le résultat d’un ensemble de règles non écrites, à commencer par la loi d’airain du marché qui répartit riches et pauvres dans l’espace en fonction du prix du foncier. Il y a aussi une ségrégation voulue, mais rarement perçue comme telle. Qui se ressemble s’assemble », dit le proverbe. On se rapproche de ceux que l’on connaît et avec qui on a des affinités le même métier, les mêmes loisirs, une origine commune, etc. Pour se regrouper entre soi, on s’éloigne nécessairement des autres, même s’il n’y a aucune hostilité envers eux. Le résultat est une ségrégation que Nicole Haumont 1996 appelle, en faisant un jeu de mots subtil, une agrégation ». 7Pour la France, le constat d’Éric Maurin 2004 est accablant du haut en bas de la pyramide sociale, la société s’organise selon ce qu’il appelle le séparatisme social », ou le ghetto les beaux quartiers » pour les riches Pinçon-Charlot, 2001, les quartiers stigmatisés pour les pauvres et les étrangers. Ségrégation subie et agrégation voulue sont les pôles extrêmes, mais elles se combinent dans de nombreux cas. Le ghetto a un caractère paradoxal ses habitants peuvent ressentir douloureusement qu’ils sont rejetés et assignés à résidence ; en même temps, ils peuvent trouver qu’ici au moins ils n’ont pas à supporter le regard désapprobateur et méprisant des classes supérieures Lapeyronie, 2008. La mixité sociale imposée produit des cohabitations conflictuelles Enforced desegregation is no better than enforced segregation » Edgar et al., 2004. Les formes et les limites de la mixité sociale 8Il sera peu question ici de la mixité des fonctions urbaines. Dans La Charte d’Athènes, Le Corbusier 1971 [1942] préconisait la séparation des fonctions habiter, travailler, se recréer et circuler. La coupure entre l’espace de l’habitat et celui du travail se fonde sur un argumentaire hygiéniste les ouvriers ont droit à l’air pur et au soleil, loin des pollutions industrielles. En même temps, Le Corbusier voyait dans l’urbaniste l’accoucheur » de la société moderne. Les grands ensembles voulaient être des cités radieuses » et des foyers de convivialité. Le Corbusier était partisan à la fois de la spécialisation des espaces donc d’une forme de ségrégation spatiale et de la mixité sociale. Il était convaincu qu’un bon urbanisme permettrait de faire l’économie d’une révolution Le Corbusier, 2008 [1923]. Une forme urbaine judicieusement choisie aurait des effets positifs sur les relations de voisinage, permettant le développement d’une communauté harmonieuse. L’espace influence les relations sociales, positivement ou négativement. Mais la forme urbaine n’a pas d’influence mécanique sur les pratiques des habitants et il est risqué de faire d’elle un levier de l’ingénierie sociale. Le mélange des sexes 2 Pascale Kremer et Martine Laronche, La condition des jeunes filles s’est dégradée dans les quarti ... 9C’est une dimension essentielle, qui illustre la double face de la mixité sociale. C’est d’abord à l’école qu’il faut poser la question de la mixité des sexes. Ma génération a encore connu des écoles et des lycées de garçons, distincts de ceux des filles. Aujourd’hui, cette mixité dès le plus jeune âge est un grand progrès pour tout le monde. C’est en côtoyant réellement l’autre sexe et non de façon imaginaire et fantasmée, que l’on s’apprivoise mutuellement, que l’on arrive à se connaître, à gérer ses différences et ses oppositions. Pourtant, au début des années 2000, des jeunes filles maghrébines se sont plaintes du machisme » de leurs frères, petits et grands, dans l’enceinte scolaire ; elles aspiraient à des lieux bien à elles. Là au moins, elles seraient à l’abri des violences et du harcèlement 2. À un autre niveau, de nombreux mouvements féministes réclament des lieux pour que les femmes puissent se réunir entre elles, de façon non mixte. Si des hommes sont présents, ils tendent à monopoliser la parole, même s’ils se déclarent féministes »… On ne peut affirmer que la mixité des sexes soit automatiquement un progrès ; tout dépend du contexte et il faut se demander si la mixité favorise l’émancipation des femmes ou si elle contribue à les maintenir, sous de nouvelles formes, dans la soumission. Le plus souvent, le refus de la mixité des sexes est le fait des conservateurs la nostalgie des écoles séparées est bien enracinée chez les intégristes religieux, chrétiens ou musulmans. 3 Jacques Isnard, Les femmes sont l’avenir de l’armée française », Le Monde, 10La mixité scolaire se prolonge par la mixité professionnelle, fortement encouragée par l’Union européenne qui a fait de l’égalité entre les hommes et les femmes une de ses priorités. La féminisation des professions traditionnellement réservées aux hommes a des effets positifs. Les connaisseurs de l’armée et de la police reconnaissent que la présence féminine fait obstacle à une culture machiste » qui permet encore bien des abus 3. En même temps, la guerre d’Irak a montré que, dans l’armée américaine, les femmes soldats pouvaient être aussi redoutables que les hommes en matière de torture. Éduquer ensemble filles et garçons, ouvrir toutes les professions aux femmes comme aux hommes, voilà des choix de société qui, sans nier la biologie, sont indépendants d’elle. La mixité des sexes est bien une forme de mixité sociale. Le mélange des générations 11La mixité des générations est une autre forme. Elle a des répercussions importantes sur l’aménagement des villes. Je me limite à deux exemples, les jeunes et les personnes âgées. Un certain nombre d’entre eux connaissent des formes de logement spécifique le foyer » du troisième âge ou du jeune travailleur, la cité » universitaire, etc. Cette séparation traditionnelle se fonde sur de bonnes raisons. Jeunes et vieux ont des modes de vie et des besoins différents, même si cette opposition est schématique et connaît de nombreuses exceptions. Les seconds aspirent au calme et ils ont besoin de soins adaptés. Les premiers ont besoin d’espaces pour faire du sport, de la musique, etc. En vivant ensemble, ils se gêneraient mutuellement. La séparation permet à chaque groupe de vivre comme il l’entend. 12Mais il ne faut pas négliger le revers de la médaille. Les personnes âgées extraites de leur milieu de vie et regroupées entre elles sont désorientées. Elles se sentent isolées et inutiles et, du coup, elles dépérissent rapidement. Le maintien à domicile, dans leur environnement familier et avec les adaptations nécessaires, est bien préférable. Mais il arrive un moment où les soins médicaux et autres deviennent trop lourds pour pouvoir s’effectuer à domicile. La maison de retraite médicalisée s’impose alors et la mixité des générations atteint une de ses limites. 13Pour les jeunes aussi, vivre entre soi présente à la fois des avantages et des inconvénients. Le logement des jeunes est très segmenté. Les étudiants sont dans des cités, les jeunes travailleurs dans des foyers. Jusqu’à une date récente, cités et foyers logeaient séparément hommes et femmes. Aujourd’hui, seule une ségrégation manifestement sociale est maintenue entre étudiants, destinés à devenir de futurs cadres même si leur avenir professionnel est incertain et jeunes ouvriers souvent au chômage. Sauf exception, ces jeunes, qui ne sont pas logés à la même enseigne, ne viennent pas des mêmes milieux sociaux. Ils n’ont ni les mêmes modes de vie, ni les mêmes perspectives d’avenir. Est-ce une raison pour vivre chacun de son côté et dans l’ignorance de l’autre ? C’est poser la question de la mixité proprement sociale et, en simplifiant, de la cohabitation entre riches et pauvres. Le mélange des classes sociales 14Il y a une multitude de critères de ressemblance le métier, la langue, la religion, la nationalité, la passion pour le sport, la musique ou l’alcool, etc. Le plus souvent, ces critères se combinent subtilement à l’intérieur des classes sociales. Pour donner un exemple caricatural, les enfants de la bourgeoisie sont nombreux à jouer au piano et au tennis et à boire du whisky. Par contre, les enfants des milieux populaires jouent au football et boivent de la bière, peut-être par goût, mais aussi parce que c’est moins cher. Même lorsque les participants le nient, la classe sociale, dont le niveau de ressources est un marqueur essentiel, joue un rôle important dans ces regroupements affinitaires Bourdieu, 1979. C’est notamment le cas dans le domaine du logement. Les habitants d’un même immeuble peuvent avoir entre eux de très grands écarts, en termes de modes de vie et de richesse, mais ils ont un point commun ils ont la capacité de payer le prix demandé. Sinon, ils seraient rapidement expulsés. Cette règle très simple joue dans le secteur libre, régi par les mécanismes du marché. Mais elle s’applique aussi dans le logement social, son mode de financement aboutissant à une correspondance assez étroite entre les immeubles et les niveaux de ressources voir ci-après. L’intégration des étrangers 15À certaines périodes de l’histoire, les Juifs ont été assignés à résidence dans des ghettos. Au sens propre, il n’y a plus guère de ghettos aujourd’hui, c’est-à-dire d’espaces à l’usage exclusif d’un groupe. On peut parler à la rigueur de ghettos de riches » Pinçon & Pinçon-Charlot, 2000 ; Maurin, 2004. Il continue à y avoir des ghettos », dans le sens peu rigoureux de concentrations d’étrangers, dans certains quartiers dévalorisés et stigmatisés, à Strasbourg, Paris, Londres, Chicago ou Johannesburg. En France, c’est le plus souvent dans les grands ensembles de logements sociaux en lointaine banlieue. En Grande-Bretagne et en Amérique du Nord, c’est surtout dans l’habitat dégradé du centre ville, avant le processus de gentrification. Dans les deux cas, c’est une forme de rejet des étrangers. Ils logent dans ce qui reste, quand les autres ont pris le meilleur Blanc, 2003. 16La mixité sociale est présentée comme une valeur républicaine » ce qui n’est jamais défini et comme la condition d’une bonne intégration des étrangers, devenant implicitement une mixité ethnico-sociale. L’argumentaire voudrait que les étrangers, restant entre eux, ne puissent s’intégrer dans le pays d’accueil. Cette volonté de brassage des populations étrangères part d’une bonne intention, mais aussi d’une grande ignorance un certain nombre d’étrangers souhaitent vivre avec des compatriotes et non au milieu d’une population dont ils ignorent la langue et la culture. Les disperser revient à les isoler et à renforcer leur marginalisation. La communauté ethnique n’est pas toujours un obstacle à l’intégration, elle peut au contraire jouer un rôle d’intermédiaire et de sas Blanc, 2004a. 4 Cité par Mathilde Mathieu, Un camping de Pornichet soupçonné de discrimination raciale », Le Mond ... 17Le discours médiatique sur l’étranger l’assimile implicitement à un pauvre. Sans coïncider totalement, le rejet de l’étranger et celui du pauvre vont ensemble. Le paradoxe est que le rejet du pauvre est admis, celui de l’étranger de moins en moins. Le propriétaire d’un camping soupçonné de discrimination raciale a eu, pour sa défense, cette phrase éloquente Je ne regarde que le porte-monnaie des clients et jamais la couleur de la peau » 4. Il serait coupable s’il avait refusé un client à cause de sa nationalité et/ou de ses origines. Il est innocent puisqu’il s’est légitimement inquiété de la solvabilité de son client. Personne ne s’offusque de cette discrimination par l’argent qui se pratique à grande échelle riches et pauvres ne vont pas dans les mêmes hôtels, restaurants ou cafés. Le dogme français de la mixité sociale 18Dans un grand nombre de pays, la réduction de la ségrégation est une préoccupation majeure de la planification urbaine. Mais les objectifs visés sont rarement atteints et les résultats obtenus s’avèrent décevants Bolt et al., 2010. Fruit d’une longue tradition centralisatrice et jacobine, la planification urbaine en France est orchestrée par le gouvernement central et il privilégie le recours à la loi dans la lutte contre la ségrégation. La loi relative à la Solidarité et au renouvellement urbain SRU de décembre 2000 fait de la mixité sociale une valeur cardinale. Elle a voulu renforcer et rendre plus contraignants les dispositifs de la loi d’orientation de la ville de 1991, dite anti-ghetto ». Elle a été à son tour complétée par la loi d’orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine en août 2003 voir section ci-après. L’analyse de ces nouveaux dispositifs est source d’étonnement, faisant douter du réalisme de ces mesures section suivante. Les bilans réalisés au bout de dix ans montrent des résultats maigres et paradoxaux la mixité sociale reste un idéal bien lointain section d’après. L’empilement des lois 19Il y a toujours une part d’arbitraire dans la détermination du début d’une politique publique car la loi, ou le règlement, formalisent des réflexions engagées préalablement. Pour la mixité sociale en France, la loi d’Orientation pour la ville de 1991 marque une étape importante. À l’époque, elle a d’ailleurs été surnommée la loi anti-ghetto ». Elle affirme la nécessité d’empêcher la ségrégation ; les grands ensembles de logements sociaux dans les banlieues sont explicitement sa cible principale. Cette loi ne concerne que les agglomérations urbaines de plus de 200 000 habitants, elle veut généraliser l’usage des Programmes locaux de l’habitat dans la planification locale, etc. Comme beaucoup de lois d’orientation, celle-ci énonce des principes, tout en restant vague sur les mesures concrètes à mettre en œuvre. 5 Les chiffres varient selon les sources à partir des déclarations des résidents, les recensements ... 20En décembre 2000, la loi Solidarité et renouvellement urbain SRU réaffirme l’importance de la mixité sociale et elle met en place un dispositif plus contraignant. En sachant qu’à l’époque le logement social représentait 16 à 17 % du parc de logement de la France métropolitaine 5, cette loi concerne les agglomérations urbaines de plus de 50 000 habitants, à l’intérieur desquelles elle impose aux communes de plus de 1 500 habitants en Île-de-France plus de 3 500 ailleurs, d’atteindre en vingt ans donc d’ici 2020 un seuil minimum de 20 % de logements sociaux sur leur territoire ; 730 communes étaient concernées à l’époque. Elles ont été soumises à des engagements, évalués tous les trois ans, pour résorber progressivement leur déficit. Le Préfet est chargé de surveiller la bonne exécution de la loi SRU dans son Département ; il a la possibilité très peu utilisée d’infliger des amendes aux communes récalcitrantes. Économiquement et techniquement, cet objectif peut être considéré comme réaliste, mais ambitieux et nécessitant une volonté politique forte. 21En août 2003, la loi d’orientation et de programmation de la Ville et de la Rénovation urbaine est adoptée. Il faut noter qu’elle réintroduit l’expression de rénovation urbaine », qui était utilisée dans les années 1960 et qui a laissé de très mauvais souvenirs la rénovation était la destruction des immeubles déclarés insalubres dans les vieux quartiers centraux et la construction de nouveaux logements, pas forcément sur place et bien souvent à la périphérie Coing, 1966. La loi SRU a soigneusement évité cette expression, lui préférant celle, plus neutre, de renouvellement » urbain. 22La loi de 2003 a renoué avec la politique de la table rase », lançant un programme massif de rénovation-destruction, appelé Programme national de rénovation urbaine PNRU. 250 000 logements sociaux, principalement dans les banlieues, devaient être détruits en cinq ans. En principe, 250 000 logements de remplacement devaient être construits, mais en grande partie ailleurs, pour aboutir à une plus grande mixité sociale il fallait d’une part attirer les classes moyennes dans les quartiers stigmatisés pour changer leur image ; il fallait aussi disperser les locataires pauvres du logement social pour casser les ghettos », en reprenant le mot d’ordre du gouvernement d’union de la Gauche de Lionel Jospin Domergue, 2010, p. 33. Pour exécuter ce programme au double sens du terme, la loi a créé l’Agence nationale pour la rénovation urbaine ANRU, ce qui permet au gouvernement central de piloter les opérations et de contrôler les autorités locales, par le biais des financements. 232010 a été l’occasion d’un bilan à mi-parcours pour la loi SRU, qui se donne jusqu’à 2020 pour atteindre 20 % de logements sociaux partout. Puisque les deux sont intimement liés, c’est aussi l’occasion de faire le bilan du PNRU il aurait dû s’achever en 2008, mais il a été prolongé jusqu’en 2013, sous le sigle PNRU 2. Ce bilan est en demi-teinte. L’hostilité à la loi SRU a fortement baissé voir section suivante. Sur les 730 communes concernées, 325, soit 45 %, ne sont pas en règle avec la loi SRU. Pour se justifier, de nombreux maires mettent en avant les problèmes techniques et financiers, notamment le prix des terrains particulièrement en région parisienne et sur la Côte d’Azur ; ils affirment leur bonne foi et ils plaident pour un allongement des délais. 6 Laurence Boccara, Le bilan contrasté de la loi SRU », Les Échos, 7 Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé Pierre, cité par Isabelle Rey-Lefebvre, ... 24Mais l’envolée du prix du foncier peut aussi servir d’alibi. Une poignée d’élus locaux préfère payer des pénalités que de construire du logement social. Les pénalités sont trop faibles pour être dissuasives Cette taxe, dont le calcul complexe fait passer le montant [de 152] à 324 euros, est prélevée par l’État sur les ressources fiscales de la commune, mais le dispositif coercitif n’a finalement jamais démontré son efficacité » 6. Ce que confirme le sénateur de l’Union pour la majorité présidentielle UMP, Jean-Paul Alduy cité dans le même article Il existe mille et une façons de ne pas payer ou de minorer cette amende. Bref, il est facile de passer à travers les mailles du filet ». Parmi les villes réfractaires, on trouve Neuilly-sur-Seine, la ville du président Nicolas Sarkozy ! Tout en se réjouissant qu’une dynamique vertueuse soit enclenchée, la Fondation Abbé Pierre regrette que 325 communes ne respectent pas la loi et 240 seulement ont été sanctionnées. L’État devrait être plus ferme, il faudrait tripler les pénalités et que l’État fasse jouer son droit de substitution aux maires défaillants » 7. 25En ce qui concerne le PNRU, ce programme irréaliste n’a pas atteint ses objectifs fin 2010 donc deux ans après la date initialement annoncée pour la fin du programme, le nombre de logement démolis n’était que » de 139 000, pour 133 000 logements reconstruits CES ANRU, 2011, p. 8. Dans une période de déficit de logements abordables, cette destruction systématique est choquante on aurait pu mobiliser ces moyens pour construire davantage, au lieu de construire “à la place” » Domergue, 2010, p. 35. Le Comité d’évaluation et de suivi de l’ANRU note plusieurs limites importantes les conditions de vie des habitants ne sont pas suffisamment améliorées ; […] la mixité sociale espérée n’est pas globalement atteinte » CES ANRU, 2011, p. 16. La mixité sociale, un consensus sur une chimère impossible à mesurer 26En 2000, dans un gouvernement d’union de la Gauche, un Ministre communiste de l’Équipement et du logement, Jean-Claude Gayssot, a été le maître d’œuvre de la loi SRU. Ce portage politique ne surprend pas, la Gauche et la Droite s’étant vigoureusement opposées lors du débat parlementaire. Pourtant, en d’autres temps, les marxistes se méfiaient de la mixité sociale, dans laquelle ils voyaient une ruse du patronat pour tenter de diluer la conscience de classe ouvrière Guerrand, 1966. Mais la mixité sociale est cohérente avec le communisme municipal », tel qu’il a été pratiqué notamment dans l’ex- banlieue rouge » parisienne. L’égalité entre les communes est le souci principal dans les années 1960, les municipalités communistes ont tenté de s’opposer, sans grand succès, à la volonté du gouvernement central et de la ville de Paris de construire chez elles les grands ensembles pour le relogement des exclus de la rénovation Baudin, 2000 ; Castells et al., 1973. Elles soutenaient que ce fardeau » ne devait pas reposer uniquement sur les communes ouvrières, qui avaient déjà suffisamment de pauvres, mais qu’il devait être également réparti entre toutes les communes. 8 Jean Leonetti, cité par Isabelle Rey-Lefebvre, La France doit-elle construire plus de logements s ... 27En 2003, le Ministre de l’Équipement et du logement est un centriste, Jean-Louis Borloo, membre de l’Union pour la majorité présidentielle de Jacques Chirac. Il a été le promoteur de la politique de rénovation urbaine massive et il a résisté aux appels de la fraction de la droite la plus conservatrice elle voulait abolir ou au moins assouplir l’obligation de mixité sociale, au nom de la liberté et du marché. En matière de politique du logement, la mixité fait aujourd’hui partie du socle commun accepté par la Droite et la Gauche. Le maire d’Antibes Côte d’Azur et député de l’Union pour la majorité présidentielle UMP a voté contre la loi SRU en 2000. Il déclare aujourd’hui malgré ses imperfections, la loi SRU a été un outil, un levier pour imposer la mixité sociale dans nos communes » 8. Dans ce domaine, la continuité l’emporte sur la rupture Blanc, 2007. La loi de 2003 renforce les moyens de réaliser la mixité sociale prévue en 2000, en étant aveugle à ses effets pervers. 28Cette doctrine présuppose que l’absence de mixité sociale est un problème exclusivement urbain section ci-après. Elle comporte aussi deux biais méthodologiques elle prend la proportion de logements sociaux dans la commune comme indicateur de mixité sociale, sans se préoccuper de la pertinence de la mesure à cette échelle section suivante. Elle ne tient pas compte de l’hétérogénéité de la population du logement social, la seule présence de logements sociaux n’est pas un indicateur pertinent de mixité sociale section d’après. La mixité en ville et à la campagne 29Le fondement implicite de la loi SRU fait du déficit de solidarité un phénomène spécifiquement urbain. Il faut donc imposer davantage de solidarité » dans les villes, mais les campagnes sont hors du champ de la loi, puisque le problème ne s’y pose pas Blanc & Bidou, 2010. Ce présupposé doit être questionné il y a sans doute des solidarités à l’intérieur des communautés villageoises, mais aussi des querelles de clocher ». Les nouveaux arrivants sont des intrus et l’opposition Established vs. Outsiders Elias & Scotson, [1965] joue à plein. Les villageois sont particulièrement allergiques à la création de logements sociaux dans leur commune, de peur qu’elle n’entraîne l’arrivée des cas sociaux », rejetés par la ville. La mesure de la mixité sociale à l’échelle communale 30Si la ségrégation et la mixité sont présentes dans les villes et les campagnes, elles prennent des formes différentes. Paradoxalement, la loi SRU ne s’applique que dans les agglomérations urbaines et elle raisonne pourtant comme si la France ne comportait que des petites communes rurales, qui seraient à la fois une unité de la vie sociale et une unité administrative. Dans une ville grande et même moyenne, 20 % de logements sociaux n’a pas grand sens en termes de ségrégation et de mixité si on ne sait rien de la répartition intra-communale si les logements sociaux sont concentrés dans certains quartiers, alors que d’autres n’en comptent pas, la commune sera peut-être en règle avec la loi SRU, mais la mixité sociale sera faible. Il est curieux que cette objection élémentaire soit si largement négligée. La diversité du logement social 31Dans le langage courant comme dans la loi SRU, le logement social est assimilé à celui des pauvres. La réalité est beaucoup plus nuancée et complexe, pour deux raisons essentielles tous les pauvres ne vivent pas dans le logement social et, inversement, le logement social n’héberge pas que des pauvres. C’est la principale limite de la mixité sociale par le statut d’occupation du logement tenure mix, en anglais il y a des riches et des pauvres, aussi bien chez les propriétaires que les locataires Tunstall & Fenton, 2006. Historiquement, le logement social est né en France avec les habitations à bon marché », suivies par les habitations à loyer modéré », les fameuses HLM Guerrand, 1966. Ces logements sont construits et gérés par des collectivités territoriales communes et départements ou par des organismes parapublics les ex-sociétés anonymes d’HLM, devenues Entreprises sociales de l’habitat. Ces organismes bénéficient de financements publics, ce qui leur permet de pratiquer des loyers modérés », c’est-à-dire inférieurs à ceux du marché. Juridiquement, les logements sociaux sont réservés aux ménages aux ressources modestes ». 32Ce loyer, même modéré, est encore trop élevé pour les plus pauvres ils sont mal logés dans les taudis du secteur privé, ce que l’on a appelé le marché de l’insalubre » Rudder-Paurd & Vourc’h, 1978, ou encore le logement social de fait. Les débats sur la mixité sociale et la loi SRU ne tiennent aucun compte des pauvres logés dans le secteur privé, parce qu’ils ne peuvent accéder au logement social. De plus, les organismes de logement social ne veulent pas loger exclusivement des pauvres. Ils ne veulent pas que logements sociaux » rime avec ghettos » et ils se présentent comme des généralistes de l’habitat », en invoquant les bienfaits de la mixité sociale. 33Le logement social est segmenté. Sous des appellations qui changent souvent, il y a une hiérarchie à trois niveaux le logement social ordinaire », en-dessous le logement très social » et au-dessus le logement social intermédiaire », ce qui veut dire entre le logement social et le marché libre. Lorsqu’elles ont été construites par des organismes de logement social, les cités universitaires sont considérées comme du logement social, même la résidence des élèves de la très prestigieuse École nationale d’administration ENA, en plein centre de Strasbourg. Ceci entraîne des niveaux de loyer différents, des plafonds de ressources différents et des listes d’attente différentes. C’est pourquoi le logement social a été accusé de produire des ségrégations sociales Barre, 1976. Mais la réforme du financement du logement social de 1977, qui a voulu a voulu favoriser la mixité par la mobilité des locataires, au moyen de l’aide personnalisée au logement, est dans une logique néo-libérale et elle n’a rien arrangé Blanc, 2004b. Quand il y a des très pauvres dans le parc privé et des classes moyennes dans le parc social, le pourcentage de logements sociaux est un instrument très grossier pour mesurer la mixité sociale. Les paradoxes de la mixité sociale 34Dans la théorie de la complexité, un paradoxe est une situation dans laquelle il faut satisfaire en même temps deux injonctions opposées et d’égale valeur Morin, 1991. Ainsi la rénovation urbaine vise à disperser les pauvres, mais sans savoir où les reloger, car personne ne veut les accueillir. Même à dose homéopathique, ils continuent à déranger et ils se retrouvent entre eux, souvent à proximité section ci-après. Par ailleurs, une mixité qui admet des exceptions n’est pas une vraie mixité. C’est pourtant ce qui se produit aux deux extrêmes, avec l’exclusion des plus pauvres et l’auto-exclusion des plus riches section suivante. Rénovation-démolition, dispersion et re-concentration 35Pour contraindre à la mixité sociale, la rénovation urbaine détruit beaucoup de logements sociaux, même en bon état, en ne tenant aucun compte du fait que la plupart des intéressés voudrait rester dans leur quartier et même conserver leur logement, avec des améliorations modestes. Il y a à cela deux types de raisons, économiques et affectives. Les pauvres sont réalistes ils savent que, si le logement est amélioré, il sera nécessairement plus cher. Ils ne veulent pas prendre le risque de se retrouver à la rue, faute de pouvoir payer le nouveau loyer. D’autre part, les pauvres sont attachés à leur habitat et à leur quartier parce qu’ils y ont leur famille et/ou leurs amis, leurs habitudes et, surtout, des réseaux d’entraide et de solidarité patiemment construits. Déménager dans un autre quartier, c’est se retrouver isolé avant d’avoir reconstruit de nouveaux réseaux de solidarité, ce qui est beaucoup plus long que les réseaux sociaux » sur internet ! La rénovation urbaine ne détruit pas seulement des immeubles, elle abolit un pan de la culture et de la vie sociale d’un quartier Coing, 1966. 36Ce saut dans l’inconnu est d’autant plus inacceptable que le relogement est habituellement mal préparé les nouveaux logements prennent du retard, la stigmatisation par l’ancienne adresse crée des barrières et les locataires redoutent le jugement négatif de leurs futurs voisins. C’est aussi une épreuve pour les autorités locales et les bailleurs sociaux, mal préparés à gérer ce genre de situation. Les contraintes bureaucratiques et financières sont telles que les locataires que l’on voulait disperser se retrouvent ensemble ! C’est le phénomène de re-concentration, observé notamment en Île-de-France Lelévrier, 2010. Ce phénomène n’a rien de nouveau observant la première rénovation urbaine à Paris, menée par le Baron Haussmann sous le second Empire 1852-1870, Friedrich Engels 1957 [1887] notait la question du logement n’est pas résolue, […] elle est seulement déplacée ». Une mixité sociale limitée aux couches moyennes et petites-moyennes 37On peut distinguer deux types de communes laissant à désirer du point de vue de la mixité celles qui n’ont pas assez de logements sociaux et doivent en construire pour se mettre en conformité avec la loi les communes SRU », selon Didier Desponds, 2010 et celles qui en ont trop et cherchent à en perdre, même si elles n’y sont pas tenues par la loi les communes ANRU ». En Île-de-France, les communes ANRU sont d’anciennes communes ouvrières de la banlieue rouge », dans lesquelles la proportion de classes moyennes a légèrement augmenté, via l’accession à la propriété les opérations de rénovation urbaine bénéficient davantage aux classes moyennes » Desponds, 2010, p. 55. Les classes moyennes sont aussi bénéficiaires dans l’attribution des logements sociaux, puisqu’on cherche à les faire revenir pour éviter de reconstituer des concentrations de pauvres, on avantage les candidats de classe moyenne, au détriment du principe de justice sociale. 38En Île-de-France, la ségrégation augmente à la fois dans les quartiers les plus riches et les plus pauvres. Entre les deux, c’est-à-dire dans la majorité des quartiers, la mixité augmente légèrement ; même dans les quartiers gentrifiés » Préteceille, 2006. Nouveau paradoxe, ce qui est normal » pour les riches, pratiquer l’entre-soi, est interdit aux pauvres, ce qui les fragilise. L’injonction à la mixité sociale s’adresse surtout aux catégories intermédiaires. Si le discours a changé, la situation reste proche de celle du xixe siècle, lorsque la petite bourgeoisie avait la mission » de vivre au milieu du peuple pour l’éduquer et le civiliser Guerrand, 1967. Mais la grande noblesse, comme la grande bourgeoisie, n’était pas concernée. 39Dans les quartiers en cours de gentrification, les gentrifieurs » les fameux bourgeois-bohêmes peuvent toujours se rassurer en se disant que leur présence est la cause de la mixité sociale » Charmes, 2005, p. 123, ce qui est en partie vrai, mais à court terme seulement. Ils mettent en avant le mélange des nationalités, mais cette mixité ethnico-sociale est beaucoup plus facile à réaliser à l’intérieur des mêmes catégories aisées, qui valorisent le cosmopolitisme, qu’entre couches moyennes et couches populaires. Toutes origines ethniques et/ou nationales confondues, les pauvres sont les exclus de la gentrification. Les frontières de classe sont plus résistantes que les frontières ethniques. 40Le paradigme de la transaction sociale est pertinent pour analyser une pratique sociale aussi paradoxale et ambiguë que la mixité sociale. La section ci-après retrace brièvement la formalisation de ce paradigme depuis l’ouvrage fondateur de Jean Remy, Liliane Voyé et Emile Servais, Produire ou reproduire ? 1991 [1978]. Elle souligne d’abord trois facteurs qui font l’originalité de cette approche et qui s’appliquent bien à la mixité sociale l’attention portée aux conflits, la place des accords informels et la combinaison de la confiance et de la méfiance. Elle interroge ensuite le statut de la transaction sociale c’est un paradigme heuristique, avec un but de connaissance ; faut-il aussi le considérer comme un paradigme pragmatique ? La réponse provisoire est prudente. 41En revenant au conflit de départ, entre la liberté de vivre entouré de ses proches et l’égalité dans l’accès à un logement décent, la section suivante montre que l’approche juridique, française mais aussi britannique, ne retient que le deuxième volet, en ignorant le premier. La conciliation de ces deux exigences passe par une dynamique transactionnelle, reconnaissant le rôle dans la cohabitation des communautés ouvertes », fondées sur un projet commun. Le paradigme transactionnel 42L’ouvrage Produire ou reproduire ? a été débattu et approfondi collectivement, permettant une formalisation progressive du paradigme transactionnel Blanc et al., 1992 ; Freynet et al., 1998 ; Gibout et al., 2009 ; Maroy et al., 2009. La transaction sociale est d’abord un processus qui inclut de l’échange, au sens du don et du contre-don, de la négociation pour parvenir à des compromis de coexistence, mais sans présupposer la liberté et l’égalité des partenaires la transaction peut passer par des phases de rapport de force et d’imposition section ci-après. Faire de la transaction sociale un paradigme pragmatique lui fait courir des risques, mais ce n’est pas une raison suffisante pour l’écarter section suivante. Conflit, compromis, coopération et confiance 43Le paradigme transactionnel s’inspire de la sociologie du conflit de Georg Simmel [1907]. La vie sociale est traversée et structurée par des couples d’opposition et en tension permanente, les partenaires étant à la fois complémentaires et opposés le conflit des générations, la lutte des sexes ou celle des classes, mais aussi le conflit de la tradition et de la modernité, etc. Dans ces conflits irréductibles, il faut faire son deuil d’une solution définitive. Seul un compromis est envisageable et il ne peut être que précaire et provisoire. La théorie de la complexité du social d’Edgar Morin 1991 est une seconde source d’inspiration. Les couples d’opposition produisent des paradoxes qui renforcent la complexité. 44Le paradigme de la transaction sociale permet de comprendre comment des acteurs qui sont à la fois partenaires et adversaires parviennent à élaborer les compromis qui leur permettent de coopérer. La coopération suppose un minimum de confiance, mais on ne fait pas spontanément confiance à un adversaire. La logique juridique est souvent contre-productive car elle fait par principe abstraction de la confiance, considérant qu’un accord en bonne et due forme doit avoir prévu à l’avance toutes les situations de rupture et d’échec de l’accord. Même si elles ne sont pas suffisantes et restent source de fragilité, les transactions informelles, implicites ou tacites sont souvent fécondes et elles peuvent permettre des avancées qui seraient impossibles si elles étaient officialisées. La défiance ne disparaît pas, mais la confiance se construit progressivement la transaction se caractérise comme ce mouvement paradoxal par lequel on établit une reconnaissance impossible, ou l’on rétablit une reconnaissance rompue, ce qui revient d’une manière ou d’une autre à négocier ce qui n’est pas négociable » Bourdin, 1996, p. 256-257. La connaissance et l’action 45Le paradigme de la transaction sociale a une fonction heuristique, dont le but est la connaissance intime du social, en combinant l’approche plus subjective de l’intérieur et l’approche plus objective de l’extérieur. Aujourd’hui, le développement exponentiel de pratiques sociales faites de médiation et de transactions, dans les conflits du travail ou dans les conflits familiaux notamment, amène à se demander si le paradigme transactionnel a acquis une fonction pragmatique. Que l’approche par la transaction favorise le développement de pratiques sociales innovantes, notamment en termes de gestion des conflits, serait une bonne chose. Mais les risques sont nombreux. Le premier serait d’établir une codification et un inventaire des bonnes pratiques transactionnelles », ce qui aurait deux inconvénients ce serait d’abord contradictoire avec l’idée d’expérimentation, de souplesse et d’adaptation au contexte ; ce serait aussi donner une valeur normative à la transaction, ce qui pourrait par exemple déboucher sur la production de manuels de transaction sociale », à l’usage de diverses professions, notamment pour les opérateurs de la mixité sociale dans l’urbanisme. Il y a de bonnes et de mauvaises transactions les échanges commerciaux représentent des guerres potentielles pacifiquement résolues et les guerres sont l’issue de transactions malheureuses » Claude Lévi-Strauss, cité par Remy & Voyé, 1981, p. 171. 46La polémique née au Québec sur les accommodements raisonnables », après la mise en oeuvre des recommandations de la commission présidée par Gérard Bouchard et Charles Taylor 2008, est très instructive à cet égard dans une société multiculturelle comme le Québec, des règles qui font sens pour un groupe sont absurdes pour un autre. Pour résoudre ce problème, on peut adopter une démarche proche de la recherche d’un compromis transactionnel et tolérer des assouplissements visant à rendre la règle acceptable par tous. Ce principe a été adopté de façon consensuelle comme plein de bon sens. Pourtant, sa mise en œuvre a provoqué un tollé ce qui était raisonnable » pour les uns, par exemple la tolérance au port du voile dans l’espace public, était totalement déraisonnable » pour les autres. C’est la fameuse question de qui jugera les juges ? » comment décider de ce qui est raisonnable quand le conflit porte sur les valeurs qui sous-tendent la » rationalité ? Mixité sociale, communauté de projet et société 47Les partisans de la mixité sociale dénoncent sans beaucoup de nuances un coupable tout trouvé les communautés et le communautarisme ». Si la critique des communautés refermées sur elles-mêmes se justifie pleinement, des communautés ouvertes » peuvent permettre de trouver une issue à l’injonction paradoxale de la mixité sociale. Communautés et sociétés 48Revenons sur le paradoxe de la première section la loi française privilégie l’égalité, avec le droit à un logement décent ; mais elle fait passer au second plan la liberté de vivre entouré de ses proches. Vivre au milieu de voisins inconnus, avec lesquels il n’y a aucune affinité, est une perspective peu réjouissante. La même logique est à l’œuvre en Grande-Bretagne, où les villes gèrent une part importante du logement social. De nombreuses municipalités ont mis en place un système de points pour attribuer leurs logements. Certaines accordaient des points supplémentaires aux enfants des résidents du quartier en considérant que, si ces jeunes adultes voulaient rester dans le quartier de leur enfance, c’était une bonne chose pour leur insertion dans la communauté de quartier. Par contre, les juges ont estimé que, si l’intention était louable, ce dispositif entrait en contradiction avec la loi contre la discrimination raciale et qu’il devait être aboli. En effet, cette prime à l’ancienneté » fait obstacle à l’obtention d’un logement par les immigrants récents Blanc, 2004a, p. 203. 49Le modèle implicite est une société constituée par des individus mobiles et sans aucune attache, ni à des espaces, ni à des personnes. C’est une société sans institutions intermédiaires, ce qui est une vision très réductrice de la complexité des sociétés. Une communauté est un groupe intermédiaire qui entretient des liens affectifs forts, produits par une histoire et une identité communes. Une communauté peut être repliée sur elle-même et fermée aux autres ; elle est alors incompatible avec la mixité sociale. Elle peut aussi être accueillante et ouverte, devenant alors une communauté de projet Blanc, 2012. Mixité sociale et communauté de projet 50Une communauté de projet est par définition ouverte à tous ceux qui adhèrent au projet, même si le projet commun est très vite susceptible de lectures opposées Reynaud, 1989. Pour rester ouverte, une communauté de projet doit être attentive à faire évoluer son projet dans le sens d’une plus grande ouverture, pour que la communauté puisse s’élargir et se renouveler. La distinction entre communauté ouverte et fermée est un type-idéal toute communauté est prise dans la tension entre l’ouverture et la fermeture. La tentation de l’ouverture peut donner le vertige en s’élargissant, la communauté risque de renier ses valeurs fondatrices. C’est une piste permettant de concilier les apports de la vie communautaire et les exigences de la mixité sociale, en respectant l’entre-soi, mais en l’assortissant d’une plus grande ouverture à l’environnement social. Conclusion inégalités et mixité sociale 51Il faut éviter la confusion, aujourd’hui fréquente, entre l’égalité et l’égalité des chances. Pour accéder à un emploi, une formation ou un logement, l’égalité des chances consiste à placer tous les candidats sur la ligne de départ en veillant à ce que le processus de sélection ne prenne en compte que les compétences de chacun. Cette démarche a le mérite de s’attaquer aux privilèges, rentes de situation et autres passe-droits. Elle réduit ainsi des inégalités flagrantes et choquantes. Mais l’égalité des chances ne produit pas de l’égalité certains sont pris, d’autres sont rejetés. Les inégalités persistent, mais elles deviennent légitimes et supportables parce que fondées sur des critères justes. L’égalité des chances peut paradoxalement renforcer les inégalités justes Bihr & Pfefferkorn, 2000. 52La mixité sociale est le refus du ghetto et de toute forme d’assignation à résidence ; elle répond à l’aspiration à davantage de liberté et de fraternité. Mais, dans sa contribution à la réduction des inégalités spatiales, la mixité sociale doit aller bien au-delà de l’égalité des chances dans l’accès au logement social. Il ne suffit pas d’imposer la cohabitation sur un même espace à des catégories sociales hétérogènes. Il faut aussi se soucier de la qualité des échanges sociaux, ce qui est beaucoup plus difficile à mettre en œuvre et à apprécier.
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Le Parlement a définitivement adopté lundi 20 décembre, après un ultime vote de l'Assemblée, le projet de loi sur la cohésion sociale qui aborde à la fois l'emploi, le logement et l'égalité des chances. Les députés ont voté lundi par 23 voix contre 11 les conclusions de la commission mixte paritaire CMP, 14 députés et sénateurs sur ce texte, déjà adoptées par le Sénat jeudi dernier, ce qui vaut adoption définitive du texte par le Parlement. Comme en première lecture, l'UMP et l'UDF ont voté pour, le PS et le PCF contre. Parmi les mesures phares du volet emploi de ce projet de loi, figurent la création d'un "contrat d'avenir" destiné aux bénéficiaires de minima sociaux, la réforme de l'apprentissage et la fin du monopole de l'ANPE en matière de placement. Concernant le logement, le texte prévoit la construction de logements locatifs sociaux entre 2005 et 2009. Le projet de loi représente un engagement financier d'environ 15 milliards d'euros sur cinq ans. L'un des débats les plus sensibles aura porté sur un volet licenciement économique et droit au reclassement, ajouté au dernier moment par le gouvernement dans une lettre rectificative.
Deuxième partie Inégalités, conflits et cohésion sociale la ... Pour fonctionner sur votre ordinateur, PC Patri exige une version du DOS égale ou supérieure à MS-DOS .... Un ordinateur compatible IBM de type 286 avec 1 Mo de mémoire et disque dur de 20 Mo pour une petite gestion du Patrimoine quelques centaines ... Ils sont rarement modifiés au cours de l' exercice. Part of the document Deuxième partie Inégalités, conflits et cohésion sociale la dynamique sociale Objectif comprendre les mutations sociales contemporaines dans les domaines de la stratification sociale, de la cohésion sociale et des conflits qui l'animent. Sous-partie 3 - Conflits et mobilisation sociale Objectif observer l'évolution des conflits qui accompagnent le changement social. Chapitre 10 - Changement social et mutation des formes et des fonctions du conflit social Objectif comprendre l'apparition de mouvements sociaux dans nos sociétés, l'évolution de leurs formes et de leur fonctions sociales. On va essayer de comprendre les conflits sociaux de nos jours. Avant de commencer leur étude, on va simplement circonscrire le champ de recherche. Mise en commun au tableau à partir d'exemples. Pour ce faire, vidéo présentant un panel de mobilisations. Quel est l'objectif de ces mouvements selon vous ? Leur point commun ? Quel est leur point commun dans les moyens qu'ils ont de remplir leur objectif ? Un mouvement social est une entreprise collective de protestation et de contestation visant à imposer des changements - d'une importance variable - dans la structure sociale et/ou politique par le recours fréquent - mais pas nécessairement exclusif - à des moyens non institutionnalisés » Chazel, 1992. Attention, le mouvement social est un cas particulier d'une action collective. L'action collective désigne l'entreprise collective visant au changement ou au statu quo. Maintenant qu'on a dit cela, on peut embrayer sur la question du conflit social. Finalement, quand voit-on le conflit social ? Quand il y a des mouvements sociaux. Donc on a quasiment tout le temps des conflits sociaux sous-jacents mais ils ne sont vraiment visibles qu'avec les mouvements sociaux. C'est pourquoi on va beaucoup assimiler les deux notions dans ce chapitre. Le conflit social a lieu lorsque différents groupes sociaux sont en opposition sur une question de société. Il n'est clairement visible qu'à condition que des mouvements sociaux, ou lorsqu'un mouvement social et l'organisation sociale en place, sont en opposition sur une question de société. Le mouvement social révèle les conflits sociaux. Maintenant que l'on a défini tout cela, on doit tout d'abord se poser une question toute simple comment les mouvements sociaux sont-ils possibles ? Comment expliquer l'existence de mobilisations, qui vont influer sur la vie politique, alors qu'il existe déjà des canaux légitimes d'expression des opinions politiques. On se posera alors trois questions D'où, trois questions - comment expliquer l'existence de mouvements sociaux ? I - quelle est l'évolution des formes des mouvements sociaux ? II - quels sont les rôles des conflits sociaux ? III I. D'où viennent les mouvements sociaux ? Dans un premier temps, on va chercher à essayer de trouver un point commun à tous les individus qui se mobilisent. Comment expliquer qu'à un moment donné du temps des individus cherchent, par des moyens non institutionnalisés, à modifier l'ordre social ? A. De la frustration individuelle à la frustration collective La première question que l'on va alors se poser est celle des raisons de la mobilisation. Pour quelles raisons des individus vont-ils organiser un mouvement social pour changer la société ? Très simplement, repartons de la vidéo déjà visionnée. Revenir sur les points communs. On constate que les mouvements sociaux sont tous motivés au départ par une sorte de frustration. Cette frustration est relative aux normes et aux valeurs des individus et découle d'une situation sociale qui ne correspond pas à leurs valeurs. Exemples - actifs qui considèrent qu'un contrat CPE est contraire aux valeurs de sécurité qu'ils associent à l'emploi. - catholiques qui considèrent que l'avortement est une pratique contraire à leurs valeurs religieuses. - salariés qui considèrent que la politique de l'entreprise est contraire à leurs valeurs de solidarité et de respect. - écologistes qui considèrent qu'un projet de construction de centrale nucléaire est contraire à leurs valeurs de protection de la nature. En effet, on peut se demander si la frustration relative suffit pour obtenir une mobilisation. Mais est-ce que la frustration relative est suffisante pour obtenir une mobilisation ? Pour cela, on peut se demander quelles sont les différentes réactions que l'on peut avoir face à la frustration. Non. Pourquoi cela ? C'est qu'il y a différentes attitudes que l'on peut adopter à partir de la frustration relative. Imaginons un jeu de rôle pour observer ce phénomène. Les élèves sont des employés de trois types un premier type 1ère colonne, ce sont des individus qui sont dans l'entreprise depuis longtemps, qui en sont très contents et qui ont l'habitude de faire confiance à ce que décide le patron ; un deuxième type 2ème colonne, ce sont des individus depuis peu dans l'entreprise et qui ont peu de perspectives extérieures, d'autres opportunités d'emploi ; un troisième type 3ème colonne, ce sont des individus qui sont dans l'entreprise depuis peu de temps et qui ont des perspectives extérieures importantes car bien diplômés, etc.. On imagine que l'employeur débarque - nous sommes tous à un comité d'entreprise - et annonce un gel des salaires. En raison des problèmes de l'entreprise, les salaires ne vont pas augmenter dans les deux prochaines années, ce qui rend impossible de compenser l'inflation. Cette situation entraîne de la frustration relative, plus ou moins importante, pour les différentes personnes. Comme dans d'autres comités d'entreprise, on demande maintenant à tous les participants de se prononcer sur la décision de l'employeur. Plus précisément, demander maintenant aux élèves de noter sur un petit bout de papier ce qu'ils font le lendemain du comité d'entreprise en réaction à cette décision. Pendant la mise en commun, noter les différents types de réaction pour dresser une typologie. Ce qui donnera le cours. Une typologie a été définie par Albert Hirschman 1970 dans son livre Défection, prise de parole et loyauté Exit, voice, loyalty pour décrire les différentes réactions à la frustration relative - on peut répondre à la frustration par la défection » exit elle consiste en un changement silencieux de situation, comme l'employé qui décide de démissionner. - par la prise de parole » voice elle consiste en une contestation visible visant le changement, comme l'employé qui décide de faire grève. - par la loyauté » loyalty elle consiste en l'acceptation résignée et silencieuse des sources de mécontentement, soit par grande confiance, soit par apathie exemple parfait de cela Stromae - Alors on danse. B. Le difficile passage de la frustration collective à la mobilisation collective Maintenant que l'on voit que la mobilisation n'est pas la seule réaction face au mécontentement, on peut aller plus loin dans le raisonnement. Quand tout le monde pourrait être incité à se mobiliser, est-ce que tout le monde va le faire ? N'y a-t-il pas des problèmes à la mobilisation elle-même alors que tous sont a priori conduits à se mobiliser ? Dans un cas où tous pourraient répondre par la mobilisation à une source de frustration relative, la mobilisation va-t-elle nécessairement avoir lieu ? La réponse est non comme le montre le paradoxe de l'action collective » ou phénomène de passager clandestin » défini par Mancur Olson Logique de l'action collective, 1966. Imaginons un autre jeu de rôles. Avant toute chose, demander à tous les élèves d'écrire un chiffre entre 1 et 100 au hasard sur leur cahier, dans un coin. Expliquons maintenant le contexte. Toute la classe fait partie d'une association de défense du système scolaire. Tout le monde est membre et tout le monde est motivé. Aujourd'hui, nous sommes à une réunion où l'on doit se mettre d'accord sur les actions à entreprendre pour contester les réformes actuelles du système scolaire. Sauf que réaliser une action prend du temps, coûte directement ou indirectement de l'argent, et que même des personnes de bonne volonté vont décliner la participation. Expliquons maintenant le chiffre. Tout le monde a envie de participer aux actions contre les réformes, tout le monde gagne à la réussite de l'action, mais d'autres éléments de leur vie interfèrent avec leur participation effective. On va faire l'hypothèse que l'on peut quantifier ce que chacun est prêt à mettre pour participer à l'action. Si quelqu'un a noté 1, c'est qu'il est prêt à consacrer l'équivalent de 1 euro pour agir contre les réformes ; si quelqu'un a noté 100, etc. A partir de maintenant, les élèves lèvent la main et ce qui apparaît est noté au tableau. Imaginons le cas où le coût de la participation serait de 100, qui participe ? De 75, qui participe ? De 50, qui participe ? De 25, qui participe ? De 5, qui participe ? Faisons maintenant le bilan de l'action. Y a-t-il toujours une mobilisation importante ? Non. Mais y gagnent-ils quand même ? Oui. Gagnent-ils plus ou moins que ceux qui ont participé ? Plus. Ont-ils bien fait finalement ? Oui. C'est comme un passager clandestin, ce qui crée un phénomène étrange. On peut un peu mieux exemplifier cette idée. Document 1 de la FD. Document 1 - Un exemple du phénomène du passager clandestin décrit par Mancur Ol
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comment les inégalités sociales portent atteinte à la cohésion sociale