Le22 fĂ©vrier 2016. Hozier vient de dĂ©voiler le clip de « Cherry Wine », sa chanson engagĂ©e contre les violences conjugales. Le musicien a choisi l’actrice Saoirse Ronan pour incarner une Tantelles sont belles tant elles sont vraies. Nos mains nouĂ©es Ă  la lumiĂšre nos mains nouĂ©es Ă  la lumiĂšre. OĂč irons-nous dans nos combats dans nos vengeances et dans nos trĂȘves. Le chant du monde perd de sa voix quand un espoir est dĂ©chirĂ©. Ou piĂ©tinĂ©. Que dirons-nous au petit ange qui va venir un soir de fĂȘte. Jai ma vie je rĂȘve de m'Ă©vader du cadre et mon avion s'envole. Bye bye, on part Ă  l'est, on met les voiles avec Ryanair. Sur le dĂ©part, jamais Ă  la traine, crois moi, on fera la fĂȘte. Jene regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyĂšre en fleur. La forme « Demain, dĂšs l'aube » est un poĂšme composĂ© de trois strophes de quatre vers chacune. Ces vers sont composĂ©s de 12 pieds, ce sont donc des alexandrins ternaires Lessolutions pour ON LEUR MET LES VOILES de mots flĂ©chĂ©s et mots croisĂ©s. DĂ©couvrez les bonnes rĂ©ponses, synonymes et autres mots utiles. Outils Utiles. Wordle Mots Leschoses de la vie angoissent Pierre: faire de la voile avec sa femme et son fils manque de piquant. Cela ne ressemble certainement pas Ă  une vente aux enchĂšres qui fait battre le coeur. Donc il lĂąche tout pour la belle HĂ©lĂšne avec laquelle il va pourtant devoir assister aux dĂźners avec la belle-famille. Sinon cela serait trop facile. Alors il 6BA2. La belle LĂ©opoldine Hugo, le jour de sa communion. Un visage juvĂ©nile, un port altier... La fille de Victor Hugo espĂ©rait, elle aussi, vivre de ses Ă©crits. Peinture de Auguste de ChĂątillon en 1836. Victor Hugo est un auteur prolifique, qui a explorĂ© quasiment tous les genres le roman, le théùtre et la poĂ©sie. Chef de file du mouvement romantique, il revendique une complĂšte libertĂ© dans l'art et s'insurge face aux rĂšgles classiques qui Ă©touffent le processus crĂ©atif. Son gĂ©nie est d'avoir rĂ©ussi Ă  ĂȘtre le tĂ©moin d'une Ă©poque et la voix d'une nation Ă  travers des oeuvres littĂ©raires aujourd'hui mondialement reconnues. Du cĂŽtĂ© de la poĂ©sie, Hugo est trĂšs attachĂ© au lyrisme. Il use d'une grande sensibilitĂ© romantique Ă  la nature, au temps et voit le poĂšte comme un ĂȘtre capable de dĂ©chiffrer les choses cachĂ©es du monde. Demain, dĂšs l'aube...» est l'un des plus cĂ©lĂšbres poĂšmes de Victor Hugo. Il est publiĂ© en 1856 dans le cĂ©lĂšbre recueil poĂ©tique Les Contemplations » et n'a, originellement, pas de titre. PoĂšme XIV de Pauca meae » Quelques vers pour ma fille, il figure dans le quatriĂšme livre des Contemplations. L'origine de ce poĂšme L'origine de ce poĂšme est malheureusement assez tragique. Victor Hugo s'inspire, ici, d'une histoire vraie et personnelle pour crĂ©er ces quelques vers. Le 4 septembre 1843, Charles Vacquerie, le mari de LĂ©opoldine Hugo la fille de Victor Hugo doit se rendre Ă  Caudebec pour un rendez-vous important. Il s'y rend avec son oncle et son cousin Pierre et Arthur Vacquerie en canot de course. Si LĂ©opoldine dĂ©clina la premiĂšre invitation, elle finit par s'y rendre avec eux. Malheureusement, sur la route de retour, les 4 membres de la famille furent surpris par un tourbillon de vent qui fĂźt complĂštement chavirer le bateau. LĂ©opoldine, son mari, l'oncle et le cousin Vacquerie sont morts dans ce tragique accident. Cette Ă©preuve fut terrible pour Victor Hugo qui Ă©tait profondĂ©ment attachĂ© Ă  sa jeune fille. Cette douleur, il la sublime dans le prĂ©sent poĂšme. Dates Actions 28 aoĂ»t 1824Naissance de LĂ©opoldine Hugo. Elle est la fille aĂźnĂ©e de Victor Hugo et d'AdĂšle Foucher. 15 fĂ©vrier 1843 TrĂšs courtisĂ©e pour sa beautĂ© et son intelligence, LĂ©opoldine finit par Ă©pouser Charles Vacquerie. Mais ce mariage n'aura pas eu le temps de perdurer... 4 septembre 1843Les deux amants, accompagnĂ©s de deux membres de la famille de Charles, finissent noyĂ©s aprĂšs un accident en canot. L'Ă©preuve du deuil est terrible Ă  supporter pour Victor Hugo et AdĂšle Foucher... Les meilleurs professeurs de Français disponibles4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !4,9 70 avis 1er cours offert !5 85 avis 1er cours offert !4,9 117 avis 1er cours offert !5 39 avis 1er cours offert !4,9 56 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !5 38 avis 1er cours offert !4,9 17 avis 1er cours offert !C'est partiLa structure du poĂšme Demain, dĂšs l'aube, Ă  l'heure oĂč blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forĂȘt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixĂ©s sur mes pensĂ©es, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbĂ©, les mains croisĂ©es, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyĂšre en fleur. La forme Demain, dĂšs l'aube » est un poĂšme composĂ© de trois strophes de quatre vers chacune. Ces vers sont composĂ©s de 12 pieds, ce sont donc des alexandrins ternaires trimĂštres romantiques et binaires en rimes croisĂ©es ABAB. Cet effet stylistique crĂ©e un rythme Ă  la lecture le lecteur doit respecter la ponctuation, avec des cĂ©sures qui divisent le vers en deux hĂ©mistiches. La tonalitĂ© À la lecture de ce poĂšme, vous ressentirez trĂšs certainement une profonde tristesse. Le champ lexical de la solitude et de la douleur est omniprĂ©sent, on y voit Hugo seul face au monde et Ă  sa peine. L'atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale est aussi celle de l'obscuritĂ© forĂȘt », campagne », nuit », soir »... L'ambiance est morose, mĂȘme l'espace semble ĂȘtre empli de chagrin. Les procĂ©dĂ©s stylistiques vus en cours de francais mettent en lumiĂšre cette tristesse incontrĂŽlable. Les rimes croisĂ©es jouent sur le sens des mots le verbe "tomber" du vers 9 renvoie Ă  la "tombe" du vers 11... La chute renvoie Ă  la mort. L'analyse du poĂšme Passons dĂ©sormais Ă  l'analyse du poĂšme. On distingue trois strophes diffĂ©rentes, chacune agissant comme un nouveau tournant dans le rĂ©cit. En quoi ce poĂšme sublime-t-il les retrouvailles entre Hugo et sa fille LĂ©opoldine ? I. Un long voyage vers oĂč ? L'indication temporelle Le premier vers fait rĂ©fĂ©rence au dĂ©part imminent du narrateur. Ce dĂ©part, il l'annonce en trois temps diffĂ©rents Demain » 2 syllabes dĂšs l'aube » 2 syllabes Ă  l'heure oĂč blanchit la campagne » 8 syllabes Par lĂ , le narrateur introduit son intention de partir et l'annonce avec l'heure et le moment exact oĂč il le fera. Ce voyage ne se terminera qu'au vers 9, lorsque la journĂ©e se termine l'or du soir qui tombe ». Ainsi, ce voyage dure une journĂ©e entiĂšre et se dĂ©roule sans aucune interruption. L'indication spatiale La nature prend une place importante au sein du poĂšme. Hugo attache une certaine importance Ă  rĂ©vĂ©ler le paysage, sans pour autant s'attarder sur les dĂ©tails de celui-ci. Cela donne lieu Ă  une Ă©numĂ©ration assez sommaire des lieux qu'il dĂ©passe la campagne », la forĂȘt », la montagne ». Dans les deux premiĂšres strophes, le paysage semble donc assez sauvage, bien que les Ă©lĂ©ments que nous ayons Ă  disposition restent vagues. À partir de la strophe 3, un changement de paysage s'opĂšre Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur ». En citant une commune normande, Hugo ancre le poĂšme dans le rĂ©el. Fini la campagne et la forĂȘt, nous sommes dĂ©sormais face Ă  l'eau. Ce chemin aux mille paysages agit Ă©galement comme un symbole celui de l'homme prĂȘt Ă  affronter vents et marĂ©es pour retrouver celle qu'il aime... Et qu'il a tragiquement perdue. La petite commune normande de Harfleur, lieu citĂ© par Hugo dans son cĂ©lĂšbre poĂšme Demain, dĂšs l'aube... ». La dĂ©termination du voyageur Le voyageur indique son intention de se mettre en mouvement grĂące Ă  plusieurs verbes d'action conjuguĂ©s au futur simple Je partirai » J'irai » Je marcherai » J'arriverai » L'itinĂ©raire est clairement Ă©noncĂ© et chaque verbe marque l'Ă©volution de celui-ci, du dĂ©part jusqu'Ă  l'arrivĂ©e. À chaque strophe se trouve ces verbes qui marquent une nouvelle Ă©tape on retrouve je partirai » et j'irai » dans la premiĂšre strophe, qui indiquent l'intention du mouvement ; je marcherai » qui souligne la mise en mouvement ; et enfin j'arriverai » qui traduit la fin de l'action et le but rĂ©alisĂ©. Cette rĂ©pĂ©tition de verbe a pour effet de souligner la dĂ©termination sans faille du voyageur, qui a dĂ©jĂ  intellectualisĂ© les diffĂ©rentes Ă©tapes et qui sait pertinemment oĂč il va. II. L'expression des sentiments alliance des registres lyriques et pathĂ©tiques Demain, dĂšs l'aube... » est un poĂšme rĂ©digĂ© Ă  la premiĂšre personne, premiĂšre personne qui s'oppose continuellement au pronom personnel tu ». Dans le cas prĂ©sent, Victor Hugo investit le Je » et LĂ©opoldine est le Tu ». Pour le poĂšte, il est question de s'adresser directement Ă  sa fille dĂ©funte le poĂšme devient un prĂ©texte pour lui parler, pour se livrer Ă  elle. Ce dessein est Ă  proprement parler lyrique, l'auteur cherche Ă  exprimer ses sentiments Ă  travers le texte. Mais quels sont les sentiments que nous retrouvons le plus tout au long du poĂšme ? La solitude Ce voyage est celui d'un pĂšlerin, seul face au chemin qu'il dĂ©cide d'emprunter. Cette solitude se traduit Ă  plusieurs moments dans le texte et est un thĂšme romantique celui du moi profond confrontĂ© Ă  ses sentiments et, notamment, Ă  sa mĂ©lancolie. LĂ©opoldine et son mari, Charles Vacquerie, dessinĂ©s par la mĂšre de LĂ©opoldine, AdĂšle Foucher, en 1843. Les deux amants resteront, Ă  jamais, insĂ©parables... Ici, le champ lexical de l'absence est omniprĂ©sent loin de toi » sans rien » aucun » seul » Cela traduit la solitude totale du poĂšte et le vide qu'il ressent au fond de lui suite Ă  la disparition de sa fille. MĂȘme l'univers semble avoir disparu Hugo est livrĂ© Ă  lui-mĂȘme dans ce drame. Mais cette solitude a un effet bien plus tragique puisqu'elle mĂšne Ă  la dĂ©personnalisation du narrateur inconnu » De plus, le poĂšte est complĂštement indiffĂ©rent au monde extĂ©rieur, il est seul dans sa bulle Je marcherai les yeux fixĂ©s sur mes pensĂ©es Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit ... Triste, et le jour sera pour moi comme la nuit Il ne fait plus la diffĂ©rence entre les paysages, ne se soucie plus du temps ni de l'espace. Sa solitude est totale. La tristesse Cette solitude s'accompagne d'une tristesse voire d'une rĂ©elle souffrance du narrateur. Face Ă  cela, le lecteur ne peut qu'Ă©prouver de la compassion pour Hugo c'est toute la force du registre pathĂ©tique. La douleur est ici physique et morale, elle est omniprĂ©sente, omnipotente, elle englobe littĂ©ralement le poĂšte Seul, inconnu, le dos courbĂ©, les mains croisĂ©es / Triste Le rejet du mot Triste » au vers suivant a pour effet d'accentuer la douleur ressentie. Par ailleurs, cette tristesse se lit Ă©galement dans le procĂ©dĂ© stylistique employĂ© celui de l'accumulation. La juxtaposition des mots, sĂ©parĂ©s par une virgule, renforce le poids de la douleur. III. La mort n'est pas une fin mais un renouveau Entre prĂ©sence et absence le dialogue avec la mort prend vie La mort de sa fille LĂ©opoldine, ĂągĂ©e seulement de 19 ans, a bouleversĂ© la vie d'Hugo. Cet Ă©vĂšnement a eu pour consĂ©quence de faire rĂ©flĂ©chir l'auteur au sujet de la mort, au sujet de l'aprĂšs. Comment continuer un dialogue avec un ĂȘtre dĂ©funt ? Comment parvenir Ă  trouver une prĂ©sence dans l'absence ? Dans ce poĂšme, Victor Hugo joue avec les pronoms je » et tu » afin de rendre son interlocutrice vivante et prĂ©sente, d'oĂč la confusion parfois sur l'intention de ce poĂšme. À la premiĂšre lecture, on pourrait penser que le narrateur parle d'une femme aimĂ©e et se prĂ©pare pour une rencontre amoureuse. En rĂ©alitĂ©, ce poĂšme est entiĂšrement destinĂ© Ă  sa fille, qu'il cherche Ă  retrouver. Pour rendre Ă  LĂ©opoldine toute sa prĂ©sence, Hugo utilise le prĂ©sent d'actualitĂ© LĂ©opoldine est bien rĂ©elle, il pourrait presque la toucher. Serait-ce de sa part un dĂ©ni ? L'une des Ă©tapes du deuil ? Possible... De plus, la jeune fille brille par sa prĂ©sence en ce que tout ce qui a autour du narrateur est inconsistant. Les paysages et le temps n'ont strictement aucune importance, aucune valeur seul compte ce tu » Ă  qui un je » omniprĂ©sent s'adresse sans relĂąche. Quand bien mĂȘme le narrateur ne s'adresse pas directement Ă  la jeune fille, il ne pense qu'Ă  elle. La nĂ©gation, trĂšs prĂ©sente dans ce texte, marque cet aspect il n'y a qu'elle, en rĂ©alitĂ© et dans ses pensĂ©es. Ainsi, se rĂ©vĂšle Ă  nous une contradiction dĂ©routante les paysages sensibles sont niĂ©s alors que bien prĂ©sents et l'insensible est rĂ©vĂ©lĂ© alors que fonciĂšrement absent. C'est toute la force des mots pouvoir faire revivre les morts. Immortelle LĂ©opoldine ? Le dernier vers constitue une analyse Ă  lui seul. Victor Hugo utilise deux images trĂšs symbolique le houx et la bruyĂšre. Le houx vert ne perd jamais sa couleur, il reste intacte toute l'annĂ©e. Il est reconnu pour porter bonheur. La bruyĂšre est, quant Ă  elle, toujours en fleur. Elle vit perpĂ©tuellement et ne meurt jamais. GrĂące Ă  ces deux images, Victor Hugo souhaite cĂ©lĂ©brer la vie Ă©ternelle de sa fille. LĂ©opoldine demeura immortelle, dans son esprit et dans ses Ă©crits. GrĂące Ă  ce rĂ©cit, lyrique et romantique, sa fille ne pourra jamais ĂȘtre oubliĂ©e. L'Ă©ternitĂ© de l'homme passe indĂ©niablement par la postĂ©ritĂ© des Ă©crits. Conclusion Epitaphe de la tombe oĂč reposent LĂ©opoldine et son mari, Charles. Ici, Victor Hugo viendra dĂ©poser le houx vert et la bruyĂšre toujours en fleur... Ce poĂšme est une vraie dĂ©claration d'amour Ă  LĂ©opoldine Hugo, tragiquement disparue. Pour Victor Hugo, cela va bien au-delĂ  d'une simple expression de ses sentiments il livre, ici, une incantation. Il souhaiterait pouvoir la voir Ă  nouveau, la tenir dans ses bras. Pour cela, il est prĂȘt Ă  tout, Ă  commencer par entamer ce voyage pour la retrouver. Paysages, sentiments, solitude, nature les thĂ©matiques romantiques sont toutes rĂ©unies. Toutefois, l'auteur offre ce poĂšme d'une façon pudique il n'y a pas d'Ă©panchement, juste de la sincĂ©ritĂ©, de l'amour et l'expression intime de la douleur de son deuil. Pour Hugo, il n'est pas question de tout montrer mais de suggĂ©rer la peine, la souffrance, le manque. À l'image de sa fille, Hugo a choisi de rester dans une rĂ©serve touchante mais puissante. Ce plein d'Ă©motions que l'on lit entre les lignes, nous donne l'envie de continuer Ă  lire les Ă©crits de ce gĂ©nie et de dĂ©couvrir, un peu plus, l'homme qu'il Ă©tait. Plongez-vous sans attendre dans ce poĂšme, ode aux retrouvailles espĂ©rĂ©es. ACTE TROISIÈME ScĂšne I BARTHOLO, seul et dĂ©solĂ©. Quelle humeur ! quelle humeur ! Elle paraissait apaisĂ©e
 LĂ , qu’on me dise qui diable lui a fourrĂ© dans la tĂȘte de ne plus vouloir prendre leçon de don Basile ? Elle sait qu’il se mĂȘle de mon mariage
 On heurte Ă  la porte. Faites tout au monde pour plaire aux femmes ; si vous omettez un seul petit point
 je dis un seul
 On heurte une seconde fois. Voyons qui c’est. ScĂšne II BARTHOLO, LE COMTE, en bachelier. Le Comte. Que la paix et la joie habitent toujours cĂ©ans ! Bartholo, brusquement. Jamais souhait ne vint plus Ă  propos. Que voulez-vous ? Le Comte. Monsieur, je suis Alonzo, bachelier, licencié  Bartholo. Je n’ai pas besoin de prĂ©cepteur. Le Comte. 
 ÉlĂšve de don Basile, organiste du grand couvent, qui a l’honneur de montrer la musique Ă  madame votre
 Bartholo. Basile ! organiste ! qui a l’honneur !
 je le sais ! au fait. Le Comte. À part. Quel homme ! Haut. Un mal subit qui le force Ă  garder le lit
 Bartholo. Garder le lit ! Basile ! Il a bien fait d’envoyer je vais le voir Ă  l’instant. Le Comte. À part. Oh ! diable ! Haut. Quand je dis le lit, monsieur, c’est
 la chambre que j’entends. Bartholo. Ne fĂ»t-il qu’incommodĂ© ! Marchez devant, je vous suis. Le Comte, embarrassĂ©. Monsieur, j’étais chargé  Personne ne peut-il nous entendre ? Bartholo. À part. C’est quelque fripon. Haut. Eh ! non, monsieur le mystĂ©rieux ! parlez sans vous troubler, si vous pouvez. Le Comte. À part. Maudit vieillard ! Haut. Don Basile m’avait chargĂ© de vous apprendre
 Bartholo. Parlez haut, je suis sourd d’une oreille. Le Comte, Ă©levant la voix. Ah ! volontiers
 que le comte Almaviva, qui restait Ă  la grande place
 Bartholo, effrayĂ©. Parlez bas, parlez bas ! Le Comte, plus haut. 
 En est dĂ©logĂ© ce matin. Comme c’est par moi qu’il a su que le comte Almaviva
 Bartholo. Bas parlez bas, je vous prie. Le Comte, du mĂȘme ton. 
 Était en cette ville, et que j’ai dĂ©couvert que la signora Rosine lui a Ă©crit
 Bartholo. Lui a Ă©crit ? Mon cher ami, parlez plus bas, je vous en conjure ! Tenez, asseyons-nous, et jasons d’amitiĂ©. Vous avez dĂ©couvert, dites-vous, que Rosine
 Le Comte, fiĂšrement. AssurĂ©ment. Basile, inquiet pour vous de cette correspondance, m’avait priĂ© de vous montrer sa lettre ; mais la maniĂšre dont vous prenez les choses
 Bartholo. Eh ! mon Dieu ! je les prends bien. Mais ne vous est-il donc pas possible de parler plus bas ? Le Comte. Vous ĂȘtes sourd d’une oreille, avez-vous dit. Bartholo. Pardon, pardon, seigneur Alonzo, si vous m’avez trouvĂ© mĂ©fiant et dur ; mais je suis tellement entourĂ© d’intrigants, de piĂ©ges
 et puis votre tournure, votre Ăąge, votre air
 Pardon, pardon. Eh bien ! vous avez la lettre ? Le Comte. À la bonne heure sur ce ton, monsieur. Mais je crains qu’on ne soit aux Ă©coutes. Bartholo. Eh ! qui voulez-vous ? tous mes valets sur les dents ! Rosine enfermĂ©e de fureur ! Le diable est entrĂ© chez moi. Je vais m’assurer
 Il va ouvrir doucement la porte de Rosine. Le Comte, Ă  part. Je me suis enferrĂ© de dĂ©pit. Garder la lettre Ă  prĂ©sent ! il faudra m’enfuir autant vaudrait n’ĂȘtre pas venu
 La lui montrer !
 Si je puis en prĂ©venir Rosine, la montrer est un coup de maĂźtre. Bartholo revient sur la pointe du pied. Elle est assise auprĂšs de sa fenĂȘtre, le dos tournĂ© Ă  la porte, occupĂ©e Ă  relire une lettre de son cousin l’officier, que j’avais dĂ©cachetĂ©e
 Voyons donc la sienne. Le Comte lui remet la lettre de Rosine. La voici. À part. C’est ma lettre qu’elle relit. Bartholo lit. Depuis que vous m’avez appris votre nom et votre Ă©tat. » Ah ! la perfide ! c’est bien lĂ  sa main. Le Comte, effrayĂ©. Parlez donc bas Ă  votre tour. Bartholo. Quelle obligation, mon cher ! Le Comte. Quand tout sera fini, si vous croyez m’en devoir, vous serez le maĂźtre. D’aprĂšs un travail que fait actuellement don Basile avec un homme de loi
 Bartholo. Avec un homme de loi ! pour mon mariage ? Le Comte. Vous aurais-je arrĂȘtĂ© sans cela ? Il m’a chargĂ© de vous dire que tout peut ĂȘtre prĂȘt pour demain. Alors, si elle rĂ©siste
 Bartholo. Elle rĂ©sistera. Le Comte veut reprendre la lettre, Bartholo la serre. VoilĂ  l’instant oĂč je puis vous servir nous lui montrerons sa lettre ; et s’il le faut plus mystĂ©rieusement, j’irai jusqu’à lui dire que je la tiens d’une femme Ă  qui le comte l’a sacrifiĂ©e. Vous sentez que le trouble, la honte, le dĂ©pit, peuvent la porter sur-le-champ
 Bartholo, riant. De la calomnie ! Mon cher ami, je vois bien maintenant que vous venez de la part de Basile ! Mais pour que ceci n’eĂ»t pas l’air concertĂ©, ne serait-il pas bon qu’elle vous connĂ»t d’avance ? Le Comte rĂ©prime un grand mouvement de joie. C’était assez l’avis de don Basile. Mais comment faire ? il est tard
 au peu de temps qui reste
 Bartholo. Je dirai que vous venez en sa place. Ne lui donnerez-vous pas bien une leçon ? Le Comte. Il n’y a rien que je ne fasse pour vous plaire. Mais prenez garde que toutes ces histoires de maĂźtres supposĂ©s sont de vieilles finesses, des moyens de comĂ©die si elle va se douter
 Bartholo. PrĂ©sentĂ© par moi ? Quelle apparence ? Vous avez plus l’air d’un amant dĂ©guisĂ© que d’un ami officieux. Le Comte. Oui ? Vous croyez donc que mon air peut aider Ă  la tromperie ? Bartholo. Je le donne au plus fin Ă  deviner. Elle est ce soir d’une humeur horrible. Mais quand elle ne ferait que vous voir
 son clavecin est dans ce cabinet. Amusez-vous en l’attendant je vais faire l’impossible pour l’amener. Le Comte. Gardez-vous bien de lui parler de la lettre ! Bartholo. Avant l’instant dĂ©cisif ? Elle perdrait tout son effet. Il ne faut pas me dire deux fois les choses il ne faut pas me les dire deux fois. Il s’en va. ScĂšne III LE COMTE. Me voilĂ  sauvĂ©. Ouf ! que ce diable d’homme est rude Ă  manier ! Figaro le connaĂźt bien. Je me voyais mentir ; cela me donnait un air plat et gauche, et il a des yeux !
 Ma foi, sans l’inspiration subite de la lettre, il faut l’avouer, j’étais Ă©conduit comme un sot. Ô ciel ! on dispute lĂ -dedans. Si elle allait s’obstiner Ă  ne pas venir ! Écoutons
 Elle refuse de sortir de chez elle, et j’ai perdu le fruit de ma ruse. Il retourne Ă©couter. La voici ; ne nous montrons pas d’abord. Il entre dans le cabinet. ScĂšne IV LE COMTE, ROSINE, BARTHOLO. Rosine, avec une colĂšre simulĂ©e. Tout ce que vous direz est inutile, monsieur, j’ai pris mon parti ; je ne veux plus entendre parler de musique. Bartholo. Écoute donc, mon enfant ; c’est le seigneur Alonzo, l’élĂšve et l’ami de don Basile, choisi par lui pour ĂȘtre un de nos tĂ©moins. — La musique te calmera, je t’assure. Rosine. Oh ! pour cela, vous pouvez vous en dĂ©tacher si je chante ce soir !
 OĂč donc est-il ce maĂźtre que vous craignez de renvoyer ? je vais, en deux mots, lui donner son compte, et celui de Basile. Elle aperçoit son amant elle fait un cri. Ah !
 Bartholo. Qu’avez-vous ? Rosine, les deux mains sur son cƓur, avec un grand trouble. Ah ! mon Dieu ! monsieur
 Ah ! mon Dieu ! monsieur
 Bartholo. Elle se trouve encore mal ! Seigneur Alonzo ! Rosine. Non, je ne me trouve pas mal
 mais c’est qu’en me tournant
 Ah !
 Le Comte. Le pied vous a tournĂ©, madame ? Rosine. Ah ! oui, le pied m’a tournĂ©. Je me suis fait un mal horrible. Le Comte. Je m’en suis bien aperçu. Rosine, regardant le comte. Le coup m’a portĂ© au cƓur. Bartholo. Un siĂ©ge, un siĂ©ge. Et pas un fauteuil ici ! Il va le chercher. Le Comte. Ah ! Rosine ! Rosine. Quelle imprudence ! Le Comte. J’ai mille choses essentielles Ă  vous dire. Rosine. Il ne nous quittera pas. Le Comte. Figaro va venir nous aider. Bartholo apporte un fauteuil. Tiens, mignonne, assieds-toi. — Il n’y a pas d’apparence, bachelier, qu’elle prenne de leçon ce soir ; ce sera pour un autre jour. Adieu. Rosine, au comte. Non, attendez ; ma douleur est un peu apaisĂ©e. À Bartholo. Je sens que j’ai eu tort avec vous, monsieur je veux vous imiter, en rĂ©parant sur-le-champ
 Bartholo. Oh ! le bon petit naturel de femme ! Mais aprĂšs une pareille Ă©motion, mon enfant, je ne souffrirai pas que tu fasses le moindre effort. Adieu, adieu, bachelier. Rosine, au comte. Un moment, de grĂące ! À Bartholo. Je croirai, monsieur, que vous n’aimez pas Ă  m’obliger, si vous m’empĂȘchez de vous prouver mes regrets en prenant ma leçon. Le Comte, Ă  part, Ă  Bartholo. Ne la contrariez pas, si vous m’en croyez. Bartholo. VoilĂ  qui est fini, mon amoureuse. Je suis si loin de chercher Ă  te dĂ©plaire, que je veux rester lĂ  tout le temps que tu vas Ă©tudier. Rosine. Non, monsieur ; je sais que la musique n’a nul attrait pour vous. Bartholo. Je t’assure que ce soir elle m’enchantera. Rosine, au comte, Ă  part. Je suis au supplice. Le Comte, prenant un papier de musique sur le pupitre. Est-ce lĂ  ce que vous voulez chanter, madame ? Rosine. Oui, c’est un morceau trĂšs agrĂ©able de la PrĂ©caution inutile. Bartholo. Toujours la PrĂ©caution inutile ? Le Comte. C’est ce qu’il y a de plus nouveau aujourd’hui. C’est une image du printemps, d’un genre assez vif. Si madame veut l’essayer
 Rosine, regardant le comte. Avec grand plaisir un tableau du printemps me ravit ; c’est la jeunesse de la nature. Au sortir de l’hiver, il semble que le cƓur acquiĂšre un plus haut degrĂ© de sensibilitĂ© comme un esclave enfermĂ© depuis longtemps goĂ»te, avec plus de plaisir, le charme de la libertĂ© qui vient de lui ĂȘtre offerte. Bartholo, bas au comte. Toujours des idĂ©es romanesques en tĂȘte. Le Comte, bas. En sentez-vous l’application ? Bartholo. Parbleu ! Il va s’asseoir dans le fauteuil qu’a occupĂ© Rosine. Rosine, chante[1]. Quand dans la plaine L’amour ramĂšne Le printemps, Si chĂ©ri des amants Tout reprend l’ĂȘtre, Son feu pĂ©nĂštre Dans les fleurs Et dans les jeunes cƓurs. On voit les troupeaux Sortir des hameaux ; Dans tous les coteaux, Les cris des agneaux Retentissent ; Ils bondissent ; Tout fermente, Tout augmente ; Les brebis paissent Les fleurs qui naissent ; Les chiens fidĂšles Veillent sur elles ; Mais Lindor, enflammĂ©, Ne songe guĂšre Qu’au bonheur d’ĂȘtre aimĂ© De sa bergĂšre. MĂȘme air Loin de sa mĂšre, Cette bergĂšre Va chantant OĂč son amant l’attend. Par cette ruse, L’amour l’abuse ; Mais chanter Sauve-t-il du danger ? Les doux chalumeaux, Les chants des oiseaux, Ses charmes naissants, Ses quinze ou seize ans, Tout l’excite, Tout l’agite ; La pauvrette S’inquiĂšte ; De sa retraite, Lindor la guette ; Elle s’avance, Lindor s’élance, Il vient de l’embrasser Elle, bien aise, Feint de se courroucer, Pour qu’on l’apaise. Petite reprise. Les soupirs, Les soins, les promesses, Les vives tendresses, Les plaisirs, Le fin badinage, Sont mis en usage ; Et bientĂŽt la bergĂšre Ne sent plus de colĂšre. Si quelque jaloux Trouble un bien si doux, Nos amants d’accord Ont un soin extrĂȘme
 
 De voiler leur transport ; Mais quand on s’aime, La gĂȘne ajoute encor Au plaisir mĂȘme. En l’écoutant, Bartholo s’est assoupi. Le comte, pendant la petite reprise, se hasarde Ă  prendre une main, qu’il couvre de baisers. L’émotion ralentit le chant de Rosine, l’affaiblit, et finit mĂȘme par lui couper la voix au milieu de la cadence, au mot extrĂȘme. L’orchestre suit les mouvements de la chanteuse, affaiblit son jeu, et se tait avec elle. L’absence du bruit, qui avait endormi Bartholo, le rĂ©veille. Le comte se relĂšve, Rosine et l’orchestre reprennent subitement la suite de l’air. Si la petite reprise se rĂ©pĂšte, le mĂȘme jeu recommence. Le Comte. En vĂ©ritĂ©, c’est un morceau charmant, et madame l’exĂ©cute avec une intelligence
 Rosine. Vous me flattez, seigneur ; la gloire est tout entiĂšre au maĂźtre. Bartholo, bĂąillant. Moi, je crois que j’ai un peu dormi pendant le morceau charmant. J’ai mes malades. Je vas, je viens, je toupille ; et sitĂŽt que je m’assieds, mes pauvres jambes ! Il se lĂšve et pousse le fauteuil. Rosine, bas, au comte. Figaro ne vient pas ! Le Comte. Filons le temps. Bartholo. Mais, bachelier, je l’ai dĂ©jĂ  dit Ă  ce vieux Basile est-ce qu’il n’y aurait pas moyen de lui faire Ă©tudier des choses plus gaies que toutes ces grandes aria, qui vont en haut, en bas, en roulant, hi, ho, a, a, a, a, et qui me semblent autant d’enterrements ? LĂ , de ces petits airs qu’on chantait dans ma jeunesse, et que chacun retenait facilement ? J’en savais autrefois
 Par exemple
 Pendant la ritournelle, il cherche en se grattant la tĂȘte, et chante en faisant claquer ses pouces, et dansant des genoux comme les vieillards. Veux-tu, ma Rosinette, Faire emplette Du roi des maris ?
 Au comte, en riant. Il y a Fanchonnette dans la chanson ; mais j’y ai substituĂ© Rosinette pour la lui rendre plus agrĂ©able et la faire cadrer aux circonstances. Ah ! ah ! ah ! ah ! Fort bien ! pas vrai ? Le Comte, riant. Ah ! ah ! ah ! Oui, tout au mieux. ScĂšne V FIGARO, dans le fond ; ROSINE, BARTHOLO, LE COMTE. Bartholo, chante. Veux-tu, ma Rosinette, Faire emplette Du roi des maris ? Je ne suis point Tircis ; Mais la nuit, dans l’ombre, Je vaux encor mon prix ; Et quand il fait sombre, Les plus beaux chats sont gris. Il rĂ©pĂšte la reprise en dansant. Figaro, derriĂšre lui, imite ses mouvements. Je ne suis point Tircis. Apercevant Figaro. Ah ! entrez, monsieur le barbier ; avancez vous ĂȘtes charmant ! Figaro salue. Monsieur, il est vrai que ma mĂšre me l’a dit autrefois ; mais je suis un peu dĂ©formĂ© depuis ce temps-lĂ . À part, au comte. Bravo ! monseigneur. Pendant toute cette scĂšne, le comte fait ce qu’il peut pour parler Ă  Rosine ; mais l’Ɠil inquiet et vigilant du tuteur l’en empĂȘche toujours, ce qui forme un jeu muet de tous les acteurs Ă©trangers au dĂ©bat du docteur et de Figaro. Bartholo. Venez-vous purger encore, saigner, droguer, mettre sur le grabat toute ma maison ? Figaro. Monsieur, il n’est pas tous les jours fĂȘte ; mais, sans compter les soins quotidiens, monsieur a pu voir que, lorsqu’ils en ont besoin, mon zĂšle n’attend pas qu’on lui commande
 Bartholo. Votre zĂšle n’attend pas ! Que direz-vous, monsieur le zĂ©lĂ©, Ă  ce malheureux qui bĂąille et dort tout Ă©veillĂ© ? et Ă  l’autre qui, depuis trois heures, Ă©ternue Ă  se faire sauter le crĂąne et jaillir la cervelle ! que leur direz-vous ? Figaro. Ce que je leur dirai ? Bartholo. Oui ! Figaro. Je leur dirai
 Eh ! parbleu, je dirai Ă  celui qui Ă©ternue, Dieu vous bĂ©nisse ; et Va te coucher Ă  celui qui bĂąille. Ce n’est pas cela, monsieur, qui grossira le mĂ©moire. Bartholo. Vraiment non ; mais c’est la saignĂ©e et les mĂ©dicaments qui le grossiraient, si je voulais y entendre. Est-ce par zĂšle aussi que vous avez empaquetĂ© les yeux de ma mule ? et votre cataplasme lui rendra-t-il la vue ? Figaro. S’il ne lui rend pas la vue, ce n’est pas cela non plus qui l’empĂȘchera d’y voir. Bartholo. Que je le trouve sur le mĂ©moire !
 On n’est pas de cette extravagance-lĂ . Figaro. Ma foi ! monsieur, les hommes n’ayant guĂšre Ă  choisir qu’entre la sottise et la folie, oĂč je ne vois pas de profit, je veux au moins du plaisir ; et vive la joie ! Qui sait si le monde durera encore trois semaines ? Bartholo. Vous feriez bien mieux, monsieur le raisonneur, de me payer mes cent Ă©cus et les intĂ©rĂȘts sans lanterner je vous en avertis. Figaro. Doutez-vous de ma probitĂ©, monsieur ? Vos cent Ă©cus ! j’aimerais mieux vous les devoir toute ma vie que de les nier un seul instant. Bartholo. Et dites-moi un peu comment la petite Figaro a trouvĂ© les bonbons que vous lui avez portĂ©s ? Figaro. Quels bonbons ? que voulez-vous dire ? Bartholo. Oui, ces bonbons, dans ce cornet fait avec cette feuille de papier Ă  lettre, ce matin. Figaro. Diable emporte si
 Rosine, l’interrompant. Avez-vous eu soin au moins de les lui donner de ma part, monsieur Figaro ? Je vous l’avais recommandĂ©. Figaro. Ah, ah ! les bonbons de ce matin ? Que je suis bĂȘte, moi ! j’avais perdu tout cela de vue
 Oh ! excellents, madame ! admirables ! Bartholo. Excellents ! admirables ! Oui, sans doute, monsieur le barbier, revenez sur vos pas ! Vous faites lĂ  un joli mĂ©tier, monsieur ! Figaro. Qu’est-ce qu’il a donc, monsieur ? Bartholo. Et qui vous fera une belle rĂ©putation, monsieur ! Figaro. Je la soutiendrai, monsieur. Bartholo. Dites que vous la supporterez, monsieur. Figaro. Comme il vous plaira, monsieur. Bartholo. Vous le prenez bien haut, monsieur ! Sachez que quand je dispute avec un fat, je ne lui cĂšde jamais. Figaro lui tourne le dos. Nous diffĂ©rons en cela, monsieur ; moi, je lui cĂšde toujours. Bartholo. Hein ? qu’est-ce qu’il dit donc, bachelier ? Figaro. C’est que vous croyez avoir affaire Ă  quelque barbier de village, et qui ne sait manier que le rasoir ? Apprenez, monsieur, que j’ai travaillĂ© de la plume Ă  Madrid, et que, sans les envieux
 Bartholo. Eh ! que n’y restiez-vous, sans venir ici changer de profession ? Figaro. On fait comme on peut mettez-vous Ă  ma place. Bartholo. Me mettre Ă  votre place ! Ah ! parbleu, je dirais de belles sottises ! Figaro. Monsieur, vous ne commencez pas trop mal ; je m’en rapporte Ă  votre confrĂšre qui est lĂ  rĂȘvassant
 Le Comte, revenant Ă  lui. Je
 je ne suis pas le confrĂšre de monsieur. Figaro. Non ? Vous voyant ici Ă  consulter, j’ai pensĂ© que vous poursuiviez le mĂȘme objet. Bartholo, en colĂšre. Enfin, quel sujet vous amĂšne ? Y a-t-il quelque lettre Ă  remettre encore ce soir Ă  madame ? Parlez, faut-il que je me retire ? Figaro. Comme vous rudoyez le pauvre monde ! Eh ! parbleu, monsieur, je viens vous raser, voilĂ  tout n’est-ce pas aujourd’hui votre jour ? Bartholo. Vous reviendrez tantĂŽt. Figaro. Ah ! oui, revenir ! Toute la garnison prend mĂ©decine demain matin, j’en ai obtenu l’entreprise par mes protections. Jugez donc comme j’ai du temps Ă  perdre ! Monsieur passe-t-il chez lui ? Bartholo. Non, monsieur ne passe point chez lui. Eh ! mais
 qui empĂȘche qu’on ne me rase ici ? Rosine, avec dĂ©dain. Vous ĂȘtes honnĂȘte ! Et pourquoi pas dans mon appartement ? Bartholo. Tu te fĂąches ? Pardon, mon enfant, tu vas achever de prendre ta leçon ; c’est pour ne pas perdre un instant le plaisir de t’entendre. Figaro, bas au comte. On ne le tirera pas d’ici. Haut. Allons, l’ÉveillĂ© ? la Jeunesse ? le bassin, de l’eau, tout ce qu’il faut Ă  monsieur ! Bartholo. Sans doute, appelez-les ! FatiguĂ©s, harassĂ©s, moulus de votre façon, n’a-t-il pas fallu les faire coucher ? Figaro. Eh bien ! j’irai tout chercher. N’est-ce pas dans votre chambre ? Bas au comte. Je vais l’attirer dehors. Bartholo dĂ©tache son trousseau de clefs, et dit par rĂ©flexion Non, non, j’y vais moi-mĂȘme. Bas au comte, en s’en allant. Ayez les yeux sur eux, je vous prie. ScĂšne VI FIGARO, LE COMTE, ROSINE. Figaro. Ah ! que nous l’avons manquĂ© belle ! il allait me donner le trousseau. La clef de la jalousie n’y est-elle pas ? Rosine. C’est la plus neuve de toutes. ScĂšne VII BARTHOLO, FIGARO, LE COMTE, ROSINE. Bartholo, revenant. À part. Bon ! je ne sais ce que je fais, de laisser ici ce maudit barbier. À Figaro. Tenez. Il lui donne le trousseau. Dans mon cabinet, sous mon bureau ; mais ne touchez Ă  rien. Figaro. La peste ! il y ferait bon, mĂ©fiant comme vous ĂȘtes ! À part, en s’en allant. Voyez comme le ciel protĂšge l’innocence ! ScĂšne VIII BARTHOLO, LE COMTE, ROSINE. Bartholo, bas au comte. C’est le drĂŽle qui a portĂ© la lettre au comte. Le Comte, bas. Il m’a l’air d’un fripon. Bartholo. Il ne m’attrapera plus. Le Comte. Je crois qu’à cet Ă©gard le plus fort est fait. Bartholo. Tout considĂ©rĂ©, j’ai pensĂ© qu’il Ă©tait plus prudent de l’envoyer dans ma chambre que de le laisser avec elle. Le Comte. ils n’auraient pas dit un mot que je n’eusse Ă©tĂ© en tiers. Rosine. Il est bien poli, messieurs, de parler bas sans cesse. Et ma leçon ? Ici l’on entend un bruit, comme de la vaisselle renversĂ©e. Bartholo, criant. Qu’est-ce que j’entends donc ? Le cruel barbier aura tout laissĂ© tomber dans l’escalier, et les plus belles piĂšces de mon nĂ©cessaire !
 Il court dehors. ScĂšne IX LE COMTE, ROSINE. Le Comte. Profitons du moment que l’intelligence de Figaro nous mĂ©nage. Accordez-moi, ce soir, je vous en conjure, madame, un moment d’entretien indispensable pour vous soustraire Ă  l’esclavage oĂč vous alliez tomber. Rosine. Ah ! Lindor ! Le Comte. Je puis monter Ă  votre jalousie ; et quant Ă  la lettre que j’ai reçue de vous ce matin, je me suis vu forcé  ScĂšne X ROSINE, BARTHOLO, FIGARO, LE COMTE. Bartholo. Je ne m’étais pas trompĂ© ; tout est brisĂ©, fracassĂ©. Figaro. Voyez le grand malheur pour tant de train ! On ne voit goutte sur l’escalier. Il montre la clef au comte. Moi, en montant, j’ai accrochĂ© une clef
 Bartholo. On prend garde Ă  ce qu’on fait. Accrocher une clef ! L’habile homme ! Figaro. Ma foi, monsieur, cherchez-en un plus subtil. ScĂšne XI Les acteurs prĂ©cĂ©dents, don BASILE. Rosine, effrayĂ©e, Ă  part. Don Basile !
 Le Comte, Ă  part. Juste ciel ! Figaro, Ă  part. C’est le diable ! Bartholo va au-devant de lui. Ah ! Basile, mon ami, soyez le bien rĂ©tabli. Votre accident n’a donc point eu de suites ? En vĂ©ritĂ©, le seigneur Alonzo m’avait fort effrayĂ© sur votre Ă©tat ; demandez-lui, je partais pour vous aller voir, et s’il ne m’avait point retenu
 Basile, Ă©tonnĂ©. Le seigneur Alonzo ? Figaro frappe du pied. Eh quoi ! toujours des accrocs ? Deux heures pour une mĂ©chante barbe
 Chienne de pratique ! Basile, regardant tout le monde. Me ferez-vous bien le plaisir de me dire, messieurs
 ? Figaro. Vous lui parlerez quand je serai parti. Basile. Mais encore faudrait-il
 Le Comte. Il faudrait vous taire, Basile. Croyez-vous apprendre Ă  monsieur quelque chose qu’il ignore ? Je lui ai racontĂ© que vous m’aviez chargĂ© de venir donner une leçon de musique Ă  votre place. Basile, plus Ă©tonnĂ©. La leçon de musique !
 Alonzo !
 Rosine, Ă  part, Ă  Basile. Eh ! taisez-vous. Basile. Elle aussi ! Le Comte, bas Ă  Bartholo. Dites-lui donc tout bas que nous en sommes convenus. Bartholo, Ă  Basile, Ă  part. N’allez pas nous dĂ©mentir, Basile, en disant qu’il n’est pas votre Ă©lĂšve, vous gĂąteriez tout. Basile. Ah ! ah ! Bartholo, haut. En vĂ©ritĂ©, Basile, on n’a pas plus de talent que votre Ă©lĂšve. Basile, stupĂ©fait. Que mon Ă©lĂšve !
 Bas. Je venais pour vous dire que le comte est dĂ©mĂ©nagĂ©. Bartholo, bas. Je le sais, taisez-vous. Basile, bas. Qui vous l’a dit ? Bartholo, bas. Lui, apparemment ! Le Comte, bas. Moi, sans doute Ă©coutez seulement. Rosine, bas Ă  Basile. Est-il si difficile de vous taire ? Figaro, bas, Ă  Basile. Hum ! Grand escogriffe ! Il est sourd ! Basile, Ă  part. Qui diable est-ce donc qu’on trompe ici ? Tout le monde est dans le secret ! Bartholo, haut. Eh bien, Basile, votre homme de loi ?
 Figaro. Vous avez toute la soirĂ©e pour parler de l’homme de loi. Bartholo, Ă  Basile. Un mot dites-moi seulement si vous ĂȘtes content de l’homme de loi ? Basile, effarĂ©. De l’homme de loi ? Le Comte, souriant. Vous ne l’avez pas vu, l’homme de loi ? Basile, impatientĂ©. Eh ! non, je ne l’ai pas vu, l’homme de loi. Le Comte, Ă  Bartholo, Ă  part. Voulez-vous donc qu’il s’explique ici devant elle ? Renvoyez-le. Bartholo, bas au comte. Vous avez raison. À Basile. Mais quel mal vous a donc pris si subitement ? Basile, en colĂšre. Je ne vous entends pas. Le Comte lui met Ă  part une bourse dans la main. Oui, monsieur vous demande ce que vous venez faire ici, dans l’état d’indisposition oĂč vous ĂȘtes ? Figaro. Il est pĂąle comme un mort ! Basile. Ah ! je comprends
 Le Comte. Allez vous coucher, mon cher Basile vous n’ĂȘtes pas bien, et vous nous faites mourir de frayeur. Allez vous coucher. Figaro. Il a la physionomie toute renversĂ©e. Allez vous coucher. Bartholo. D’honneur, il sent la fiĂšvre d’une lieue. Allez vous coucher. Rosine. Pourquoi ĂȘtes-vous donc sorti ? On dit que cela se gagne. Allez vous coucher. Basile, au dernier Ă©tonnement. Que j’aille me coucher ! Tous les acteurs ensemble. Eh ! sans doute. Basile, les regardant tous. En effet, messieurs, je crois que je ne ferai pas mal de me retirer ; je sens que je ne suis pas ici dans mon assiette ordinaire. Bartholo. À demain, toujours, si vous ĂȘtes mieux. Le Comte. Basile, je serai chez vous de trĂšs bonne heure. Figaro. Croyez-moi, tenez-vous bien chaudement dans votre lit. Rosine. Bonsoir, monsieur Basile. Basile, Ă  part. Diable emporte si j’y comprends rien ! et, sans cette bourse
 Tous. Bonsoir, Basile, bonsoir. Basile, en s’en allant. Eh bien ! bonsoir donc, bonsoir. Ils l’accompagnent tous en riant. ScĂšne XII Les acteurs prĂ©cĂ©dents, exceptĂ© BASILE. Bartholo, d’un ton important. Cet homme-lĂ  n’est pas bien du tout. Rosine. Il a les yeux Ă©garĂ©s. Le Comte. Le grand air l’aura saisi. Figaro. Avez-vous vu comme il parlait tout seul ? Ce que c’est que de nous ! À Bartholo. Ah çà, vous dĂ©cidez-vous, cette fois ? Il lui pousse un fauteuil trĂšs loin du comte, et lui prĂ©sente le linge. Le Comte. Avant de finir, madame, je dois vous dire un mot essentiel au progrĂšs de l’art que j’ai l’honneur de vous enseigner. Il s’approche, et lui parle bas Ă  l’oreille. Bartholo, Ă  Figaro. Eh mais ! il semble que vous le fassiez exprĂšs de vous approcher, et de vous mettre devant moi pour m’empĂȘcher de voir
 Le Comte, bas Ă  Rosine. Nous avons la clef de la jalousie, et nous serons ici Ă  minuit. Figaro passe le linge au cou de Bartholo. Quoi voir ? Si c’était une leçon de danse, on vous passerait d’y regarder ; mais du chant !
 ahi, ahi ! Bartholo. Qu’est-ce que c’est ? Figaro. Je ne sais ce qui m’est entrĂ© dans l’Ɠil. Il rapproche sa tĂȘte. Bartholo. Ne frottez donc pas ! Figaro. C’est le gauche. Voudriez-vous me faire le plaisir d’y souffler un peu fort ? Bartholo prend la tĂȘte de Figaro, regarde par-dessus, le pousse violemment, et va derriĂšre les amants Ă©couter leur conversation. Le Comte, bas Ă  Rosine. Et quant Ă  votre lettre, je me suis trouvĂ© tantĂŽt dans un tel embarras pour rester ici
 Figaro, de loin, pour avertir. Hem ! hem !
 Le Comte. DĂ©solĂ© de voir encore mon dĂ©guisement inutile
 Bartholo, passant entre eux deux. Votre dĂ©guisement inutile ! Rosine, effrayĂ©e. Ah !
 Bartholo. Fort bien, madame, ne vous gĂȘnez pas. Comment ! sous mes yeux mĂȘmes, en ma prĂ©sence, on m’ose outrager de la sorte ! Le Comte. Qu’avez-vous donc, seigneur ? Bartholo. Perfide Alonzo ! Le Comte. Seigneur Bartholo, si vous avez souvent des lubies comme celle dont le hasard me rend tĂ©moin, je ne suis plus Ă©tonnĂ© de l’éloignement que mademoiselle a pour devenir votre femme. Rosine. Sa femme ! moi ! passer mes jours auprĂšs d’un vieux jaloux qui, pour tout bonheur, offre Ă  ma jeunesse un esclavage abominable ! Bartholo. Ah ! qu’est-ce que j’entends ? Rosine. Oui, je le dis tout haut je donnerai mon cƓur et ma main Ă  celui qui pourra m’arracher de cette horrible prison, oĂč ma personne et mon bien sont retenus contre toute justice. Rosine sort. ScĂšne XIII BARTHOLO, FIGARO, LE COMTE. Bartholo. La colĂšre me suffoque. Le Comte. En effet, seigneur, il est difficile qu’une jeune femme
 Figaro. Oui, une jeune femme, et un grand Ăąge, voilĂ  ce qui trouble la tĂȘte d’un vieillard. Bartholo. Comment ! lorsque je les prends sur le fait ! Maudit barbier ! il me prend des envies
 Figaro. Je me retire, il est fou. Le Comte. Et moi aussi ; d’honneur, il est fou. Figaro. Il est fou, il est fou
 Ils sortent. ScĂšne XIV BARTHOLO, seul, les poursuit. Je suis fou ! InfĂąmes suborneurs ! Ă©missaires du diable, dont vous faites ici l’office, et qui puisse vous emporter tous
 Je suis fou !
 Je les ai vus comme je vois ce pupitre
 et me soutenir effrontĂ©ment !
 Ah ! il n’y a que Basile qui puisse m’expliquer ceci. Oui, envoyons-le chercher. HolĂ  ! quelqu’un
 Ah ! j’oublie que je n’ai personne
 Un voisin, le premier venu, n’importe. Il y a de quoi perdre l’esprit ! il y a de quoi perdre l’esprit ! Pendant l’entr’acte, le théùtre s’obscurcit on entend un bruit d’orage exĂ©cutĂ© par l’orchestre. ↑ Cette ariette, dans le goĂ»t espagnol, fut chantĂ©e le premier jour Ă  Paris, malgrĂ© les huĂ©es, les rumeurs et le train usitĂ©s au parterre en ces jours de crise et de combat. La timiditĂ© de l’actrice l’a depuis empĂȘchĂ©e d’oser la redire, et les jeunes rigoristes du théùtre l’ont fort louĂ©e de cette rĂ©ticence. Mais si la dignitĂ© de la ComĂ©die-Française y a gagnĂ© quelque chose, il faut convenir que le Barbier de SĂ©ville y a beaucoup perdu. C’est pourquoi, sur les théùtres oĂč quelque peu de musique ne tirera pas tant Ă  consĂ©quence, nous invitons tous directeurs Ă  la restituer, tous acteurs Ă  la chanter, tous spectateurs Ă  l’écouter, et tous critiques Ă  nous la pardonner, en faveur du genre de la piĂšce et du plaisir que leur fera le morceau. La musique bouleverse et transporte bien au delĂ  des mots et n’exige pas d’ĂȘtre comprise, elle demande juste Ă  ĂȘtre accueillie. Lorsque les paroles viennent Ă  manquer, lorsque les mots sont Ă©touffĂ©s par la peine, la musique devient une voie royale pour pallier Ă  l’indicible et vivre pleinement ses Ă©motions. On vous propose une sĂ©lection des plus belles chansons françaises qui parlent de la mort et du deuil d’un proche. En espĂ©rant qu’elles puissent ĂȘtre la source d’un peu de rĂ©confort. > Retrouvez Ă©galement les plus belles citations sur la mort et le deuil. Et vous, quelles sont les chansons qui vous rappellent l’ĂȘtre aimĂ© ? Quelle musique ou chanson Ă  Ă©tĂ© diffusĂ© durant l’enterrement d’un proche ? Quelle musique aimeriez-vous Ă  votre enterrement ?Participez dans les commentaires, nous ajouterons vos contributions. GrĂ©goire – Chanson pour un enterrement > DĂ©couvrir les paroles de Chanson pour un enterrement DĂ©couvrir les paroles de Partir avant les miens DĂ©couvrir les paroles d'Evidemment DĂ©couvrir les paroles de Vole DĂ©couvrir les paroles de Putain de camion DĂ©couvrir les paroles de Nos absents DĂ©couvrir les paroles de Paradis Blanc DĂ©couvrir les paroles de On se retrouvera DĂ©couvrir les paroles de Tu ne m’as pas laissĂ© le temps DĂ©couvrir les paroles de Trop tard DĂ©couvrir les paroles de Sois tranquille DĂ©couvrir les paroles de Nantes DĂ©couvrir les paroles de Il faut tourner la page DĂ©couvrir les paroles de Mon vieux DĂ©couvrir les paroles de Tant de Belles Choses DĂ©couvrir les paroles de Partis avant d'avoir tout dit DĂ©couvrir les paroles de Encore un soir DĂ©couvrir les paroles de Ton dĂ©part DĂ©couvrir les paroles de Si loin de toi DĂ©couvrir les paroles de Depuis DĂ©couvrir les paroles de Comment vivre sans toi DĂ©couvrir les paroles de Le portrait DĂ©couvrir les paroles de Tu n'es plus lĂ  DĂ©couvrir les paroles de Un ange dans le ciel DĂ©couvrir les paroles de Arigato DĂ©couvrir les paroles de MaĂ«lys DĂ©couvrir les paroles de Charly DĂ©couvrir les paroles de Ton absence DĂ©couvrir les paroles de La riviĂšre de notre enfance DĂ©couvrir les paroles de De lĂ -haut DĂ©couvrir les paroles de MaĂ«lys DĂ©couvrir les paroles de Alter Ego DĂ©couvrir les paroles de Sublime & Silence DĂ©couvrir les paroles de Si maman si DĂ©couvrir les paroles de Tu vas me manquer DĂ©couvrir les paroles de Jacques a dit DĂ©couvrir les paroles de Ciao Bella DĂ©couvrir les paroles de Les yeux de la mama À lire Ă©galement Textes et lettre de condolĂ©ances 88 formules inspirantes et 8 modĂšles de cartes gratuites<< Les plus belles chansons françaises pour un enterrement, n’hĂ©sitez pas Ă  partager en commentaire vos plus belles chansons et musique sur la mort. Les recherches qui ont menĂ© Ă  cet article yhs-fullyhosted_003, chanson pour un enterrement, chanson pour dĂ©cĂšs, CHANSON MORT, chanson pour maman dĂ©cĂ©dĂ©e, chansons pour enterrement, musique enterrement papa, chanson funerailles, chanson enterrement papa, chanson pour maman, chanson maman dĂ©cĂ©dĂ©e, parole de chanson triste mort, chanson sur le deuil, Chanson pour Papa DĂ©cĂ©dĂ© ». Tekstovi Kore, Alonz', yeah MamĂ© Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Pattaya on arrive T'es pas prĂȘt, tu connais pas l'dĂ©lire À la citĂ© tout part Ă  la dĂ©rive Tu ressens la sĂšre-mi sur la tĂȘte Ă  Karim Changement de dĂ©cor, on se casse Ă  l'aĂ©roport Vas-y prends seulement ton passeport On va fuck, on va fuck, on va fuck À peine arrivĂ© je veux plus rentrer Ă  la maison J'parle français, anglais ou thaĂŻlandais c'est avec l'accent Tout est contrefaçon, on s'en bats les couilles 'toute façon Loin de tous mes ennemis Tu peux pas comprendre car tu connais pas nos vies Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Ouais ouais ouais on connaĂźt T'as ken un ladyboy on t'a cramĂ© Le dancefloor est rempli de BelvĂ©s Si t'es jaloux c'est peut-ĂȘtre que tu me remets BĂ©bĂ© j'suis le meilleur Tu trouveras pas mieux ailleurs Si tu me mets de mauvais humeur Je te plaque, je te plaque, je te plaque C'est le paradis des cailles-ra, 12 heures d'avion Rien Ă  foutre j'ai les poches pleines de bahts Je dĂ©pense, j'suis le patron On se donne en spectacle T-max noir mĂąte, pas d'plaque On s'dĂ©foule au centre de tirs Tu peux pas comprendre car tu connais pas nos vies Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Pattaya, ouais ouais Pattaya, Pattaya Pattaya, ouais ouais Pattaya, Pattaya Pattaya, ouais ouais Pattaya, Pattaya Au quartier c'est la merde, oui viens on s'fait la malle Au calme en bord de mer, qu'on kiffe la life Ici tu connais, y a rien Ă  faire PrĂ©pare tes affaires on met les voiles Besoin de faire la fĂȘte Ă  Pattaya Pattaya! AurĂ©lien Mazin, Djamel Fezari, Kassimou Djae, Quentin Lepoutre SONY ATV MUSIC PUBLISHING FRANCE, Sony/ATV Music Publishing LLC Cet article je le dĂ©dit Pierre Carle figure locale du bassin qui nous a quittĂ© trop rapidement Ici Ă  l'accordĂ©on pour le dĂ©filĂ© de la fĂȘte RĂ©tro Ă  Auzon Michel AndrĂ© a animĂ© notre rĂ©gion pendant des annĂ©es et ce soir je veux lui rendre hommage en vous parlant des bals de notre Ă©poque. En fin d'article une petite vidĂ©o de cette formation Souvenez vous il y a prĂšs de 50 ans les bals dans notre rĂ©gion eh bien ce soir vous allez avoir une sĂ©quence nostalgie. Nous sommes samedi Avec nos cheveux longs ,nos maxi manteaux,nos cols Mao et nos pattes d'Ă©lĂ©phants Une autre Ă©poque . Pour faire des rencontres pas de Meetic, pas de Tender pas de Facebook,pas de portables c'Ă©tait au bal qu'on se rencontrait . Nous allions directement au contact c'Ă©tait un regard ,un sourire,une danse et notre physique et en rĂ©el pas en virtuel c'Ă©taient les seuls arguments que nous avions Ă  l'Ă©poque. Les rĂ©servĂ©s et timides c'Ă©tait un peu plus dur pour eux . Tout au long de cet article je vais vous faire revivre les chansons de l'Ă©poque. Photo jointe prise en AoĂ»t 1970 . . Juste pour apporter ma petite contribution au souvenir de ces annĂ©es lĂ  . J'Ă©tais batteur dans ce groupe des Shaddocks, qui a Ă©cumĂ© les bals entre 69 et fin 71 . Il s’est reformĂ© aprĂšs mon dĂ©part Ă  l'armĂ©e, sous le nom d'AraignĂ©e, oĂč, pour la petite histoire, celui qui m'a remplacĂ© s'appelait Alain Chanony, dit Shanon . . .Le seul qui reste en activitĂ© Ă  ce jour est Serge Delaite, Ă  l’extrĂȘme gauche . Je suis en cinquiĂšme position, en partant de la gauche . . . . . . . . Merci pour ces souvenirs. Cordialement, G Chouvel Une de mes premiĂšres formation dans les annĂ©es 70....Qui aurait pensĂ© Ă  l'Ă©poque que cette passion de la musique allait durer jusqu'au annĂ©es...1996 L'orchestre se composait Ă  l'Ă©poque de ..... gĂ©rard , patrick , laurent , bernard , jean yves... les photos sont en noir et blanc quel Ă©poque !!!on joue pas trĂ©s bien, on fait des "pains " de partout mais l'aventure est devant et on n'y croit . Aujourd'hui c'est loin tout ça mais surtout pas de regrets je suis en retraite et Maire d'une petite Commune Helter selker Les orchestres de cette Ă©poque La mĂ©moire me fait dĂ©faut mais je me rappelle des orchestres de Fernand Raynaud,Michel AndrĂ©,Jojo Dubassin, Pat Kripsol, Robert Peuvergne,les Copains,Georges Michel ,Sony Serge,SOS,Sphinx,Argil,Trompette sentimentale,Lucien Givors,Jo Martin,Bernard Becker,Bernard Gilles,les Blazers et mĂȘme les Clapiers. Andre tuliĂšre Les bals dans le Bassin DĂ©but des annĂ©es 70 Les bals l'hiver avaient lieu Ă  Chappes chez Rosano au dancing et Ă  Arvant vers la gare tous les 15 jours en alternance. Vers les annĂ©es 72-73 nous allions Ă  Compains et Besse idem les bals avaient lieu par alternance entre les 2 villages Puis quand les fĂȘtes dĂ©butaient c'Ă©taient sous parquets salons. Jean-Pierre Salvat La buvette Ceux qui n'avaient pas la chance de danser finissaient Ă  la buvette avec le rouge limĂ© ou le rosĂ© citron . C'est de lĂ  que partaient les bagarres car il ne faut perdre de vu qu'il y avait des clans ou des individualitĂ©s qui sous l'effet de l'alcool voulaient en dĂ©coudre. les Smolldus Maurice enjolras Martial Tenor Robert Peuvergne SantafĂ© Fernand Reynaud Le bal Les filles sont assises autour de la piste de danse et les garçons soit en tendant la main soit d’un hochement de tĂȘte viennent les inviter. C’était parti pour une sĂ©rie de 3 Slow il fallait convaincre faut pas se voiler la face la plus part d’entre nous dansions pour draguer. Les vrais danseurs avaient beaucoup plus de succĂšs surtout au moment des rocks. Je vous ai plantĂ© le dĂ©cors maintenant Ă©coutons des chansons de l’époque . La liste aurait pu ĂȘtre beaucoup plus longue . Il se fait tard le bal se termine les bancs se sont vidĂ©s les couples se sont formĂ©s pour un soir. Je me souviens de ces fins de bal avec la musique de Carlos Santana qui n'en finissait plus. Je ne sais pas si vous ĂȘtes allĂ© au bout de l'article mais je crois sans vous connaitre que des multitudes d'images vous sont revenues Ă  l'esprit des souvenirs,de la tristesse et parfois des regrets . J’espĂšre malgrĂ© tout que vous avez passĂ© un bon moment. Et pour les plus anciens j'ai mis un lien. Chansons de 1959 Ă  1968 Cliquer sur le lien puis descendez vers la liste de chansons. Il suffit de lancer la premiĂšre et c'est partie pour la nuit plus de 600 chansons vous Ă©coutez tout en faisant autre chose sur son ordi Voici l'orchestre de Michel AndrĂ© qui a sĂ©vit longtemps dans le bassin de Brassac ici il est Ă  Auzon Souvenirs d'internautes Voici quelques photos de Livio de La Combelle avec des orchestres un peu plus vieux que que les annĂ©es 70. Voici quelques impressions de l'auteur des photos Il a dĂ©buter la danse avec François Jerman. Il y a Ă©galement Manuel Martins Orchestre JosĂ© Gravinho au milieu des annĂ©es 50 JosĂ© accordeon bando Aldo Skobe batterie-cotrebasse 5 nationalitĂ©s diffĂ©rentes Gino Baldo guitare-chanteur Jean Mlinski saxo -violon puis est venu s'ajouter Alphonse Harr violon Un petit article sur Emile Chadeyrat Les anciens rĂ©pĂ©tants Milou Chadeirat bando- accordĂ©on Jeanot Pruneyrebando- saxo-clarinette Gino Baldo guitare-chanteur Vos rĂ©actions su FB Commentaires Alain Delrieu Mai 1979, bal Ă  Ussel en planĂšze, l'orchestre " SOS "ce soir lĂ  joue un slow et j'invite une fille qui me plaisait beaucoup mais Ă  qui je n'avait jamais parlĂ©. Depuis la fin de cette soirĂ©e, nous nous sommes jamais quittĂ© et cela dure depuis 37 ans maintenant. Merci au comitĂ© des fĂȘtes d'Ussel et a "Chalinargues " pour avoir monter le parquet de "Lino" ce soir lĂ  comme tous les week-end d'Ă©tĂ© ceux de ma gĂ©nĂ©ration se rappelleront et savent qui Ă©taient " Chalinargues " et "Lino"et pour les plus jeunes, ils demanderont Ă  leurs parents.. Merci Ă  cette merveilleuse pĂ©riode qui n'est pas si loin de lĂ  et qu'aucun jeune d'aujourd'hui ne connaĂźtra malheureusement pas !! Merci Ă©galement Ă  LES CANTALOUS pour cet article particuliĂšrement nostalgique et Ă©mouvant pour les gens de ma gĂ©nĂ©ration..

allez on part on met les voiles chanson